À l’attention de Mme Agnès Buzyn, min­istre des Sol­i­dar­ités et de la San­té,
14, avenue Duquesne, 75350 PARIS 07 SP

 

Paris, le 19 sep­tem­bre 2017

Madame,

En jan­vi­er dernier, l’Agence nationale de sécu­rité san­i­taire de l’alimentation, de l’environnement et du tra­vail (ANSES) a actu­al­isé les repères de con­som­ma­tion ali­men­taire pour la pop­u­la­tion française. Les nou­veaux repères encour­a­gent à une réduc­tion de la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux (vian­des hors volailles et pro­duits laitiers), et à un accroisse­ment de la con­som­ma­tion de pro­duits végé­taux (fruits, légumes, céréales com­plètes et légu­mineuses).

L’Association végé­tari­enne de France se félicite de cette évo­lu­tion qui s’appuie sur l’état des travaux sci­en­tifiques à l’échelle inter­na­tionale. En effet, ces nou­veaux repères vont dans le sens d’une meilleure san­té publique, d’une réduc­tion de l’empreinte écologique de l’alimentation, et d’une réduc­tion de la souf­france ani­male, en encour­ageant l’ensemble de la pop­u­la­tion à faire évoluer son ali­men­ta­tion vers un mod­èle plus végé­tal.

Si cette évo­lu­tion des recom­man­da­tions à des­ti­na­tion de l’ensemble de la pop­u­la­tion est éminem­ment appré­cia­ble, nous con­sid­érons aujourd’hui indis­pens­able de don­ner des repères nutri­tion­nels révisés aux per­son­nes qui choi­sis­sent d’adopter une ali­men­ta­tion végé­tari­enne ou végé­tal­i­enne, ce qui con­cerne aujourd’hui une part crois­sante de la pop­u­la­tion française. Si les végé­tariens en représen­tent aujourd’hui entre 3 et 5%, 10% des non végé­tariens déclar­ent vouloir le devenir. Une frac­tion encore plus grande, entre 25 et 30%, a déjà con­sid­érable­ment réduit sa con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux. Nous attirons votre atten­tion sur le fait que dans ses con­clu­sions, l’Agence men­tionne la néces­sité de pré­par­er des recom­man­da­tions pour les pop­u­la­tions spé­ci­fiques, et en par­ti­c­uli­er les végé­tariens.

Guide ali­men­taire pour tous”, www.mangerbouger.fr

Mal­heureuse­ment, les dis­cours offi­ciels à des­ti­na­tion des végé­tariens et des végé­tal­iens ne sont pas en phase avec l’état des con­nais­sances sci­en­tifiques, et diver­gent con­sid­érable­ment des recom­man­da­tions offi­cielles des autres pays européens. L’ancien PNNS men­tionne d’ailleurs, en con­tra­dic­tion avec les études sci­en­tifiques faisant foi, que « Le suivi d’un régime végé­tal­ien à long terme fait courir des risques pour la san­té, notam­ment pour les enfants ». Les médecins français sont peu au fait des besoins de ces pop­u­la­tions spé­ci­fiques et en con­séquence, de nom­breux végé­tariens ont aujourd’hui des dif­fi­cultés à com­mu­ni­quer avec eux (*), ce qui est préju­di­cia­ble à leur san­té.

Une infor­ma­tion solide et fiable sur les béné­fices et les points de vig­i­lance des régimes végé­tarien et végé­tal­ien, ain­si que des recom­man­da­tions à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels de san­té et du grand pub­lic, sont aujourd’hui néces­saires. Il s’agit d’un véri­ta­ble enjeu de san­té publique, et nous vous sol­lici­tons aujourd’hui afin que vous sai­sissiez l’ANSES dans ce sens.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous pri­ons d’agréer l’expression de notre sincère con­sid­éra­tion.

                                                                                              Élodie Vieille Blan­chard, prési­dente de l’AVF

 

(*) Sébastien Demange, La rela­tion médecin-patient au regard du végé­tarisme, thèse de médecine générale, Uni­ver­sité Jean-Mon­net, Saint-Éti­enne, 2017.

 

Fiche con­seil “Viande, pois­son, oeufs : 1 à 2 fois par jour, c’est essen­tiel”. www.mangerbouger.fr