L’Association végé­tari­enne de France (AVF) a été fondée en 1995 en tant qu’“Alliance Végé­tari­enne” par Lionel Reisler, son pre­mier prési­dent. Son objet ini­tial était : “pro­mou­voir le végé­tarisme, notam­ment par l’édition de jour­naux, doc­u­ments, livres ; par­ticiper et organ­is­er des salons, con­grès et man­i­fes­ta­tions divers­es”.

En 2008, l’association a été renom­mée Asso­ci­a­tion végé­tari­enne de France. Les nou­veaux statuts ont alors pré­cisé les moti­va­tions de cette pro­mo­tion du végé­tarisme : améliorer la santé humaine, la con­di­tion ani­male et l’état de l’environnement. Il a été égale­ment pré­cisé que l’association devait “protéger et défendre les intérêts des végétariens ; établir un lien entre eux”. À cette date, il a été pré­cisé que le terme « végétarisme » était com­pris dans le sens « avec ou sans sous-pro­duits ani­maux » et inclu­ait donc le végétalisme (ou ali­men­ta­tion 100 % végétale).

L’action de l’AVF s’est très tôt artic­ulée autour de la pro­duc­tion de con­tenus infor­mat­ifs (sur la san­té et la nutri­tion, sur l’écologie) en se posi­tion­nant comme un acteur ressource sur les ali­men­ta­tions végé­tari­enne et végé­tal­i­enne.

Dès la fin des années 1990, l’AVF s’est struc­turée en groupes locaux (les délé­ga­tions), qui ont été les vecteurs prin­ci­paux des mes­sages de l’association, à tra­vers notam­ment l’organisation d’une cam­pagne régulière, les Journées Mon­di­ales Végé­tari­ennes. Depuis le début des années 2010, l’association agit à tra­vers des cam­pagnes nationales : cam­pagne axée cui­sine, Jeu­di Veg­gie, qui est dev­enue ensuite 1, 2, 3, Veg­gie ! ; cam­pagne Défi Veg­gie ; cam­pagne cli­mat en 2015.

Raisons d’être et objet

L’élevage et la con­som­ma­tion de pro­duits d’origine ani­male (vian­des, pois­sons, oeufs, laits, miel…) ont un lourd impact en ter­mes de souf­france ani­male, de pres­sion sur les écosys­tèmes et de san­té humaine. Dans ce con­texte, l’AVF a pour final­ité pro­pre d’infléchir la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux sur le ter­ri­toire français, afin de dimin­uer autant que faire se peut leur pro­duc­tion et donc cet impact.

L’AVF agit pour stim­uler une prise de con­science des impacts de l’alimentation, pour stim­uler et accom­pa­g­n­er un change­ment d’alimentation vers une ali­men­ta­tion plus végé­tale. Pour cela, elle fait la pro­mo­tion de l’alimentation végé­tari­enne, du végé­tarisme et du végan­isme (voir lex­ique) en France. Elle s’adresse aux indi­vidus, mais aus­si aux entre­pris­es, aux col­lec­tiv­ités et aux insti­tu­tions.

Elle se posi­tionne, informe et com­mu­nique sur les grandes thé­ma­tiques con­cernées par la prob­lé­ma­tique des modes d’alimentation à l’échelle plané­taire, et par la tran­si­tion ali­men­taire : éthique ani­male et humaine ; écolo­gie ; nutri­tion et san­té ; cui­sine.

Elle n’intervient pas spé­ci­fique­ment sur d’autres thé­ma­tiques liées à la pro­tec­tion ani­male (four­rure, tests sur les ani­maux, cor­ri­da, etc.), à l’écologie (nucléaire, OGMs, etc.), ou à la nutri­tion (gluten, ali­men­ta­tion crue, etc.). Elle est toute­fois sol­idaire de cam­pagnes et de mesures qui per­me­t­tent une réduc­tion de la souf­france des ani­maux, une amélio­ra­tion de la san­té publique ou la préser­va­tion de notre envi­ron­nement com­mun.

Philosophie

L’AVF œuvre aus­si effi­cace­ment que pos­si­ble pour stim­uler la tran­si­tion ali­men­taire vers une ali­men­ta­tion plus végé­tale, afin de faire dimin­uer au max­i­mum la con­som­ma­tion et la pro­duc­tion de pro­duits d’origine ani­male (vian­des, pois­sons, oeufs, laits, miel…) à l’échelle de la société. Son action est décidée et mise en place avec pour moteur la recherche d’un impact max­i­mal, plutôt que sur la base de critères idéologiques.

Par exem­ple, elle peut soutenir des ini­tia­tives non stricte­ment véganes, si ces ini­tia­tives peu­vent touch­er un pub­lic très large et ain­si con­tribuer pos­i­tive­ment à une diminu­tion de la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux (développe­ment d’une gamme végé­tari­enne par une chaîne d’hypermarchés).

L’AVF refuse l’exploitation des ani­maux, quelles qu’en soient les modal­ités. Elle ne sou­tient des mesures de “bien-être ani­mal” que dans le con­texte tran­si­tion­nel d’une réduc­tion glob­ale des pro­duc­tions et des con­som­ma­tions ani­males, la final­ité de son action étant l’abolition de l’exploitation et de la mise à mort des ani­maux.

L’AVF promeut donc le végan­isme. Dans la per­spec­tive d’offrir des out­ils ambitieux, qui per­me­t­tent à cha­cun-e d’aller aus­si loin que pos­si­ble, elle promeut une ali­men­ta­tion végé­tale dans ses pub­li­ca­tions rel­e­vant de la nutri­tion ou de la cui­sine. Les recettes qu’elle pro­pose sont végé­tal­i­ennes et les ren­dez-vous qu’elle organ­ise sont véganes autant que faire se peut. Cepen­dant, elle sou­tient le développe­ment de gammes de pro­duits ovo-lac­to-végé­tariens et la propo­si­tion d’alternatives ovo-lac­to-végé­tari­ennes dans la restau­ra­tion privée et publique, lorsque cela con­stitue un pro­grès par rap­port à la sit­u­a­tion antérieure et lorsque cela per­met une tran­si­tion vers une végé­tal­i­sa­tion plus com­plète de la propo­si­tion.

Par exem­ple, elle sou­tient le rem­place­ment d’un pro­duit carné par un pro­duit végé­tarien (même non stricte­ment végé­tal­ien) si sa com­po­si­tion est essen­tielle­ment végé­tale. En revanche, elle ne val­orise pas le rem­place­ment de la viande ou du pois­son par des pro­duits ani­maux (oeufs, fro­mage…).

Con­sciente de la dif­fi­culté indi­vidu­elle et col­lec­tive que peut con­stituer la tran­si­tion vers une ali­men­ta­tion végé­tale, elle val­orise toutes les évo­lu­tions qui vont dans le sens d’une réduc­tion de la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux (approche “réduc­tion­niste”), même s’il s’agit d’initiatives par­tielles : adop­tion d’un jour végé­tarien par semaine pour une per­son­ne, divi­sion par deux de la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux à l’échelle d’une col­lec­tiv­ité…

Axes thématiques

Éthique

L’AVF se doc­u­mente et informe sur les impacts de l’élevage et de l’aquaculture, de la chas­se et de la pêche sur les ani­maux élevés, chas­sés et abat­tus, ain­si que sur les humains impactés par ces activ­ités (éleveurs, ouvri­ers d’abattoir, pop­u­la­tions affec­tées par les usages des sols et des écosys­tèmes) : stress ; pau­vreté ; souf­france physique et psy­chique…

Elle se posi­tionne sur les enjeux de société liés à l’alimentation et sujets à con­tro­verse tels que la viande in vit­ro.

Écologie

L’AVF se doc­u­mente et informe sur les impacts de l’élevage et de l’aquaculture, de la chas­se et de la pêche sur les écosys­tèmes, à tra­vers notam­ment l’usage des ressources (ressources minérales, eau, ter­res agri­coles), les pol­lu­tions (locales et glob­ales), la perte de bio­di­ver­sité.

Elle se doc­u­mente et informe sur les poids dif­féren­ciés de dif­férents types de régimes ali­men­taires (tra­di­tion­nel, ovo-lac­to-végé­tarisme, végan­isme) en ter­mes d’usage des ressources, de pol­lu­tions, et plus glob­ale­ment d’empreinte écologique, ain­si que sur les poids dif­féren­ciés des vari­antes de ses régimes ali­men­taires.

Exem­ples : régime végé­tal­ien riche en noix ; régime ovo-lac­to-végé­tarien riche en œufs ou plutôt en pro­duits laitiers…

Nutrition et santé

L’AVF se doc­u­mente et informe sur les impacts de la con­som­ma­tion de pro­duits ani­maux sur la san­té, de manière glob­ale et dif­féren­ciée (impact de la con­som­ma­tion de vian­des, pro­duits laitiers, pois­sons…), ain­si que sur les impacts de la tran­si­tion vers des régimes plus végé­taux (réduc­tion de la con­som­ma­tion de cer­tains ou tous pro­duits ani­maux, adop­tion d’un régime ovo-lac­to-végé­tarien, adop­tion d’un régime végane).

Elle se doc­u­mente et informe sur les bonnes pra­tiques à adopter dans le cadre d’un régime végé­tarien ou végane : ali­ments à priv­ilégi­er ou à éviter, com­plé­ments ali­men­taires à pren­dre.

Cuisine

L’AVF dif­fuse des recettes et des tech­niques per­me­t­tant de met­tre en place une cui­sine végé­tale. Elle val­orise le plaisir et la con­vivi­al­ité, sans opter préféren­tielle­ment pour un type de cui­sine plutôt qu’un autre (cui­sine crue, sans gluten, sim­ili-carnés…). Elle val­orise la créa­tiv­ité et la réap­pro­pri­a­tion des savoir faire culi­naires, dans la recherche d’un impact envi­ron­nemen­tal min­i­mal : util­i­sa­tion de pro­duits locaux et de sai­son, réduc­tion max­i­male des déchets.

Elle recense / relaie et val­orise des propo­si­tions et des ini­tia­tives autour de la cui­sine végé­tari­enne et végé­tal­i­enne.

Indépendance

L’AVF con­sid­ère que la ques­tion ali­men­taire est pro­fondé­ment poli­tique, dans la mesure où elle pos­sède des impacts décisifs en ter­mes de souf­france ani­male, d’écologie, de san­té publique et d’équité plané­taire. Elle agit donc afin de faire recon­naître l’importance des enjeux et d’infléchir une tran­si­tion à l’échelle de la société.

Elle est indépen­dante des struc­tures et des par­tis poli­tiques, qu’elle inter­pelle sur les sujets qui touchent à son domaine d’action, et dont elle recense et com­mu­nique les posi­tion­nements.

De la même manière, si le végé­tarisme et le végan­isme peu­vent s’inscrire dans une dynamique spir­ituelle, et si ces modes de vie sont pro­mus par cer­tains acteurs et cer­taines struc­tures religieuses, l’AVF est totale­ment indépen­dante de toute reli­gion et de tout mou­ve­ment religieux.

Elle peut choisir de com­mu­ni­quer sur des posi­tion­nements et des ini­tia­tives pré­cis­es et iden­ti­fiées, émanant d’acteurs poli­tiques ou religieux, là où cela lui sem­ble per­ti­nent et pro­duc­tif pour la tran­si­tion vers un monde plus végane, sans que cela man­i­feste une adhé­sion plus glob­ale au mou­ve­ment con­cerné.

Elle peut choisir égale­ment de porter sa parole et de dif­fuser ses infor­ma­tions dans des évène­ments organ­isés par des struc­tures poli­tiques, religieuses, ou autres, si cela lui sem­ble per­ti­nent et pro­duc­tif pour la tran­si­tion vers un monde plus végane, sans que cela altère son dis­cours ou ses propo­si­tions.

Exem­ples : uni­ver­sités d’été de par­tis poli­tiques intéressés par le végé­tarisme, con­férences trai­tant de la bien­veil­lance et du respect des ani­maux.

Relation avec les entreprises

L’AVF pro­pose des presta­tions et / ou un accom­pa­g­ne­ment aux entre­pris­es à tra­vers plusieurs activ­ités telles que :

  • La label­li­sa­tion et la pro­mo­tion de pro­duits végé­tariens et véganes
  • L’organisation d’ateliers et de démon­stra­tions à des­ti­na­tion ou en parte­nar­i­at avec celles-ci
  • Le con­seil stratégique
  • La vente d’espace pub­lic­i­taire au sein de la revue

L’AVF col­la­bore avec les entre­pris­es dans le but de les accom­pa­g­n­er à végé­talis­er leur offre, à faciliter l’accès des pro­duits végéta*iens aux per­son­nes et à dévelop­per les moyens financiers de l’Association.

L’AVF tient à faire la dis­tinc­tion entre les entre­pris­es parte­naires et les entre­pris­es clientes de l’association.

Les entre­pris­es parte­naires sont choisies pour leur activ­ité et leurs valeurs proches de l’AVF. Celles-ci pour­ront le cas échéant béné­fici­er du sou­tien de l’AVF à tra­vers ses dif­férents out­ils de com­mu­ni­ca­tion et autres relais pro­posés par l’association.

Les entre­pris­es clientes sont des pro­duc­teurs pro­posant une offre végé­tale mais dont l’ensemble de l’activité n’est pas for­cé­ment en lien avec les objec­tifs de l’association.

En tra­vail­lant avec ces entre­pris­es, l’AVF ne cau­tionne pas l’ensemble de leur activ­ité mais encour­age leurs ini­tia­tives véganes et végé­tari­ennes.

Les pub­lic­ités parais­sant dans la revue Alter­na­tives Végétari­ennes con­cer­nent unique­ment des pro­duits véganes. Cepen­dant, le con­tenu de ces annonces n’engagent que l’annonceur. La respon­s­abil­ité de l’AVF ne saurait être engagée par les mes­sages pub­lic­i­taires lesquels sont dif­fusés sous la seule respon­s­abil­ité de l’annonceur. L’annonceur garan­tit l’association con­tre toute récla­ma­tion fondée sur le fait que le mes­sage pub­lic­i­taire vio­le les droits de tiers et la loi applic­a­ble.

Lexique

  • Cui­sine végé­tale : cui­sine util­isant exclu­sive­ment des pro­duits d’origine végé­tale, et exclu­ant les pro­duits d’origine ani­male.
  • Végan­isme : mode de vie fondé sur un refus de l’exploitation des ani­maux, qui exclut autant que pos­si­ble l’utilisation de pro­duits ani­maux, dans l’alimentation (chair ani­male, oeufs, lait, miel…) mais aus­si dans d’autres secteurs comme l’habillement et les loisirs. Peut aus­si être util­isé pour sig­ni­fi­er “végé­tal­isme”.
  • Végé­tal­isme : mode d’alimentation qui exclut la chair des ani­maux, mais aus­si tout pro­duit d’origine ani­male (oeufs, lait, miel…). Pour des raisons de com­mu­ni­ca­tion, le terme “végan­isme” pour­ra lui être préféré.
  • Végé­tarisme : mode d’alimentation qui exclut la chair des ani­maux (viande, pois­son, mol­lusques, crus­tacés…).
  • Végéta*isme : util­isé pour sig­ni­fi­er “végé­tarisme ou végé­tal­isme”.