L’Association végétarienne de France, organisation principale de promotion du mode de vie végétarien à l’échelle de l’Hexagone, est souvent confrontée à des questions de membres ou de sympathisants concernant son positionnement : pourquoi le Guide du Végétarien débutant est-il en réalité végétalien ? Pourquoi l’AVF se revendique-t-elle souvent du végétarisme alors que la production d’œufs et de lait génère d’importantes souffrances animales ? Cet article est une occasion de faire le point sur le sujet.

Quelques éléments historiques

Si l’existence de mouvements végétariens en France est très ancienne (une Société Végétarienne de France a été créée en 1916), l’origine de l’Association végétarienne de France actuelle remonte à décembre 1994, date de création de l’Alliance Végétarienne au Journal Officiel, renommée en 2008 « Association végétarienne de France ». Les statuts, renouvelés à cette date, définissent ainsi ses buts : « promouvoir le végétarisme en France en vue d’améliorer la santé humaine, la condition animale et l’état de l’environnement ; protéger et défendre les intérêts des végétariens ». À l’époque, l’association comptait environ 500 adhérents, et bon nombre de ses représentants régionaux étaient ovo-lacto-végétariens.
Au fil des années, l’association s’est « véganisée » et aujourd’hui ses représentants sont soit 100 % véganes, soit à forte tendance végane. En 2014, le nouveau conseil d’administration a souhaité définir de manière précise et explicite les objectifs et les moyens d’action de l’association. Le texte de cadrage de l’association, publié alors, établit que « son horizon philosophique est un monde sans exploitation des animaux, donc 100 % végane », et qu’elle « valorise la transition individuelle et collective vers une alimentation végétale, à ses différents stades (flexitarisme, végétarisme, végétalisme) et quelles que soient les motivations de cette transition (éthique, écologie, santé, solidarité Nord-Sud, plaisir culinaire) ».

Le véganisme pour horizon philosophique

L’AVF se revendique donc du véganisme, un modèle plus cohérent que l’ovo-lacto-végétarisme, sur tous les différents plans qui intéressent l’association :

  1. – Sur le plan éthique, la production de lait et d’œufs engendre nécessairement l’exploitation et la mise à mort d’animaux, dans des conditions violentes, qui impliquent beaucoup de souffrance. Manger végétalien permet d’éviter de contribuer à cette exploitation et à cette mise à mort.
  2. – Sur le plan écologique, la production laitière possède de lourds impacts, notamment sur le climat, et nécessite d’importantes ressources en eau, en terres agricoles et en pétrole. On retiendra par exemple que la production d’un kilogramme de fromage émet plus de gaz à effet de serre que celle d’un kilogramme de viande de porc.
  3. – Sur le plan de la santé, le végétalisme est l’option la plus bénéfique. On retiendra que d’après l’étude publiée en juin 2013 dans le Journal de l’Association Américaine de Médecine, menée sur une cohorte de 70 000 personnes, le végétalisme réduit la mortalité de 15 %, contre seulement de 9 % pour le végétarisme.
  4. – Sur le plan culinaire, la gastronomie végétale permet de découvrir des saveurs originales, créatives, infiniment variées. Tout un univers à découvrir !

Dans cette perspective, l’AVF propose dans ses documents de communication et à travers les rencontres qu’elle organise des recettes et des informations pour manger 100 % végétal.

Cette approche n’implique aucune stigmatisation des personnes flexitariennes, ovo-lacto-végétariennes ou en transition. Nous valorisons toutes les démarches qui vont dans la bonne direction, et nous encourageons toutes les personnes qui souhaitent manger moins de viande, devenir végétariennes ou véganes.
Cependant, nous partons du principe que « qui peut le plus, peut le moins », et nous donnons des outils permettant de manger 100 % végétal (par exemple notre Guide du végétarien débutant, nos recettes ou notre Défi Veggie), en souhaitant à chacun et chacune d’en tirer le meilleur, en fonction de ses contraintes et de ses possibilités.

Une stratégie ouverte et pragmatique

Si l’AVF assume un positionnement philosophique végane, elle peut être amenée, dans des cas précis et pour des raisons de stratégie, à promouvoir ou valoriser des initiatives ovo-lacto-végétariennes.

À titre d’exemples :

  • Fin 2015, elle a démarré une activité de labellisation des produits alimentaires sur la base du cahier des charges du Label V européen, intégrant deux options : labels végétarien et végane.
  • Fin 2015, elle a sollicité les candidats aux élections régionales en leur proposant de s’engager sur la proposition d’une alternative végétarienne dans la restauration collective.
  • Dès 2016, elle proposera d’accompagner les collectivités dans la mise en place de cette alternative, à l’aide d’un guide intégrant les recommandations du GEMRCN (Groupe d’étude des marchés en restauration collective et de nutrition)

L’AVF a par ailleurs à cœur de demeurer l’association représentative de toute la communauté végétarienne et intéressée par le végétarisme. Il lui semble donc pertinent de continuer à revendiquer et promouvoir le végétarisme, une approche inclusive qui intègre, bien évidemment, le végétalisme et le véganisme. C’est également pour des raisons de lisibilité auprès des médias et du grand public, qu’elle souhaite toucher le plus largement possible, qu’elle a fait le choix d’utiliser ce terme, aujourd’hui mieux connu et usité que ceux de « végétalisme » et « véganisme ».

Cet article répond à vos questions ? C’est parfait !

Vous souhaitez encore des éclaircissements ? N’hésitez pas à nous écrire à l’adresse contact@vegetarisme.fr.