Comptes-rendus d’études scientifiques en matière de santé et de nutrition, parus dans les revues Alternatives végétariennes n°123 et 125.

 

Pour vivre plus longtemps en bonne santé, mangeons végéta*ien !

D’après une méta-analyse publiée en février dernier, les régimes végétarien et végétalien améliorent la santé et protègent d’une mort précoce par maladie. Une équipe de chercheurs de Florence, en Italie, a parcouru 96 études préalablement publiées sur le lien entre alimentation et santé. Leurs conclusions : une baisse de 25% des cardiopathies ischémiques chez les personnes qui ne consomment pas de chair animale ; une réduction de 8% de l’incidence globale des cancers chez les végétariens, allant jusqu’à 15% chez les végétaliens. Autre élément non négligeable : les personnes végétariennes avaient un poids plus faible et des niveaux de cholestérol et de glucose plus bas.

M. Dinu et al., « Vegetarian, vegan diets and multiple health outcomes: a systematic review with meta-analysis of observational studies ». Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 6 février 2016.

 

Viande grillée et cancer du sein

On connaît depuis longtemps l’effet des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sur le cancer du sein. Ces composés organiques peuvent provenir de différentes sources comme la combustion de carburant, la fumée de cigarette ou la cuisson de la viande. Une équipe états-unienne a confirmé un accroissement de 30 à 50% du risque de cancer en cas d’exposition à ces molécules. Elle a également établi que les sources domestiques d’HAP étaient les plus nocives : tabagisme passif ou actif ; usage d’une cheminée ; consommation de viande grillée ou fumée. Pour être en bonne santé, évitons de fumer et mangeons végétarien !

A.J. White et al., « Exposure to multiple sources of polycyclic aromatic hydrocarbons and breast cancer incidence », Environment International, 12 février 2016.

 

La performance cognitive influence les choix alimentaires

La plupart des recherches menées jusqu’ici sur le lien entre cognition et alimentation a étudié comment certains choix alimentaires pouvaient influencer les performances cognitives. Mais comment les performances cognitives influencent-elles les choix alimentaires ? Pour le savoir, une équipe internationale a examiné les choix alimentaires d’une cohorte de 333 personnes, dont la performance intellectuelle avait été mesurée des années plus tôt (en moyenne, 18 ans plus tôt). Bilan : les personnes qui avaient obtenu un score plus important aux tests intellectuels ont par la suite opté pour un régime plus sain. Cette relation est demeurée significative même après un ajustement qui tenait compte du statut socio-économique et du style de vie (tabagisme, activité physique). Cela suggère que les performances cognitives à une période précoce de la vie influent sur les choix alimentaires ultérieurs.

G.E. Crichton et al., « Higher Cognitive Performance Is Prospectively Associated with Healthy Dietary Choices: The Maine Syracuse Longitudinal Study ». The Journal  of Prevention of Alzheimer’s Disease, mars 2015.

 

Carences en vitamine B12 et en acide folique dans la population adulte urbaine d’Inde du Sud

La carence en vitamine B12 et en folate est préjudiciable sur le plan de la santé. Elle peut provoquer tout un spectre de désordres, notamment digestifs et neurologiques. Une enquête menée sur 630 adultes en apparente bonne santé vivant en Inde du Sud a montré une carence globale en vitamine B12 de l’ordre de 35%, plus importante chez les végétariens que chez les mangeurs de viande. Pour l’acide folique (présent dans les fruits et les feuilles vertes), les mangeurs de viande étaient plus carencés que les végétariens. Des résultats qui encouragent à contrôler ses apports en vitamine B12, pour une santé optimale !

M. Sivaprasad et al., « Status of Vitamin B12 and Folate among the Urban Adult Population in South India », Annals of Nutrition and Metabolism, décembre 2015.

 

La cause de l’athérosclérose mieux comprise

Des recherches récentes ont permis de mieux cerner la cause de l’athérosclérose, une perte d’élasticité des artères qui est à l’origine de la majorité des affections cardiovasculaires, à tel point qu’elle est considérée comme responsable de 40% de la mortalité dans les pays développés. On savait déjà que les végétariens et surtout les véganes avaient une incidence réduite d’athérosclérose. Une meilleure analyse des mécanismes à l’origine de cette pathologie a établi que la triméthylamine, présente dans les produits animaux comme la viande et le lait, était convertie par les bactéries intestinales en oxyde de triméthylamine, dont on retrouve des taux plus élevés chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires. La recherche pharmaceutique s’emploie donc à trouver les moyens d’inhiber cette activité bactérienne, afin de limiter la formation de l’oxyde de triméthylamine. Pourtant, consommer peu ou pas du tout de produits d’origine animale aboutit à un résultat similaire

R. Spector, “New Insight into the Dietary Cause of Atherosclerosis: Implications for Pharmacology”, Journal of Pharmacological and Experimental Therapeutics, 22 avril 2016.

 

La nutrition et le style de vie efficaces sur les troubles psychiques et neurologiques

Un groupe de 27 patients souffrant de troubles divers (anxiété, dépression, problèmes de mémoire, démences, maladies de Parkinson et d’Alzheimer, antécédents d’AVC) a suivi pendant trois mois un protocole incluant une alimentation végétalienne à 75% crue, des jus frais de fruits et de légumes, de l’exercice physique et des approches de détente. 21 patients ont témoigné dans des vidéos des changements ressentis,dont 15 d’entre eux de résultats substantiels. En particulier, 5 sujets souffrant de troubles de l’humeur ont témoigné de retournements majeurs de leur état, 2 d’entre eux éliminant complètement un ou plusieurs traitements médicaux, et 3 autres déclarant avoir vu leur humeur s’améliorer de manière significative.

G. Null et al., « Nutrition and Lifestyle Intervention on Mood and Neurological Disorders », Journal of Evidence-Based Completely and Alternative Medicine, 22 mars 2016.

 

Impact des protéines animales et végétales sur le risque de mortalité

Des chercheurs de l’université de Harvard ont suivi pendant plus de 30 ans une cohorte de 130 000 professionnels de santé, afin d’analyser l’impact de leurs choix alimentaires en matière de protéines sur les causes de mortalité. Le choix des sources de protéines – végétales ou animales – n’a pas d’impact significatif chez les personnes qui ont par ailleurs un mode de vie sain. C’est chez les personnes qui présentent au moins un facteur de risque (tabagisme, consommation importante d’alcool, surpoids ou obésité, sédentarité) que les liens entre sources de protéines et mortalité sont les plus visibles. Ainsi, l’augmentation de la part des protéines végétales à hauteur de 3% des apports caloriques permet de diminuer le risque de mortalité – toutes causes confondues et cardio-vasculaires – de 10 à 12%. Plus que la quantité de protéines consommées, c’est donc la qualité des sources choisies qui importe : une alimentation saine mettant l’accent sur les protéines végétales (céréales, légumineuses, noix et graines) apporte un bénéfice de santé non-négligeable  à long terme.

Mingyang Song et al, « Association of Animal and Plant Protein Intake With All-Cause and Cause-Specific Mortality », JAMA Internal Medecine, 1er août 2016.