Par Isabelle Richaud

Les États généraux de l’alimentation ont été lancés par le Gouvernement le 20 juillet dernier. Alternatives végétariennes fait le point sur cette initiative et sur l’implication de l’AVF.

En quoi consiste cette initiative ?

Les États généraux de l’alimentation (EGA) fonctionnent sur le même principe que le Grenelle de l’Environnement à son époque (2007) : il s’agit d’un grand processus de concertation et de discussion entre les parties prenantes dans le but d’aboutir à un diagnostic partagé et de proposer des solutions. Ce processus est piloté par le ministère de l’Agriculture.

Les participants potentiels sont les acteurs concernés par les questions agricoles et alimentaires en France : le monde agricole et celui de la pêche, l’industrie agroalimentaire, la distribution, la restauration collective, les banques et les assurances, les partenaires sociaux, les élus, les associations et les consommateurs.

Les grands chantiers ouverts à la discussion concernent la création et la répartition de la valeur dans le secteur agro-alimentaire ; la juste rémunération des agriculteurs ; la transformation des modèles de production pour mieux répondre aux attentes des consommateurs et la promotion d’une consommation alimentaire saine, sûre et durable.

Comment ça se passe ?

Depuis juillet et jusqu’au 10 novembre, les citoyens sont appelés à contribuer aux différents thèmes de réflexion par une consultation en ligne. Tout citoyen peut s’inscrire sur le site dédié (www.egalimentation.gouv.fr) et publier des éléments de diagnostic, des propositions d’action, des commentaires ou des références, ou voter pour les propositions et arguments déjà publiés par le Gouvernement ou par d’autres contributeurs.

En parallèle, quatorze ateliers thématiques sont prévus entre fin août et fin novembre. Pour chaque atelier, une quarantaine de participants ont été sélectionnés en fonction de leur représentativité par rapport au thème abordé. Malheureusement, cette sélection a été faite par le Gouvernement de manière relativement opaque. Les associations, qui représentent pourtant l’intérêt général, n’y tiennent pas une place centrale. L’ensemble des contributions servira à élaborer un agenda des solutions, dont le calendrier et les contours seront définis à la fin du processus de discussion.

Que peut-on en attendre ?

La traduction politique de cette initiative dépendra des préconisations qui résulteront des débats. Pour l’instant, les EGA se sont essentiellement focalisés sur la rémunération des agriculteurs, au détriment d’une remise en question plus large de notre modèle alimentaire, ce qui a provoqué les premières critiques des associations. Le ministère de la Transition écologique et solidaire, étroitement associé aux EGA, envisage pourtant les États généraux comme une opportunité de favoriser la transition écologique dans le domaine agricole et alimentaire et comme « le prolongement du plan climat » présenté en juillet par le ministre Nicolas Hulot. Ce plan prévoit que les États généraux aborderont notamment la question des pratiques alimentaires et de leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre. Malgré ces intentions, le Gouvernement n’a pas fait mention de la nécessité de réduire la consommation de produits animaux (à l’heure de diffusion). C’est pourquoi une vaste mobilisation est indispensable pour influencer les débats en ce sens.

Comment l’AVF s’implique-t-elle ?

En tant qu’association défendant une alimentation éthique, saine et durable, l’AVF est parfaitement légitime pour s’associer aux États généraux de l’alimentation. Pour commencer, nous avons publié sur le site de la consultation en ligne une série de constats et de recommandations. Nous lançons un vaste appel à voter pour nos propositions et à déposer vos propres commentaires avant le 20 octobre. Nous comptons sur vous !

En parallèle, nous menons un travail de réseautage pour que les questions relatives au végétarisme soient mises en valeur lors des ateliers, faute de pouvoir y participer directement. Espérons que ce travail, associé à celui d’autres partisans de l’alimentation végétale, fasse des EGA l’occasion réussie d’une véritable transition alimentaire.

Sources : ministère de l’Agriculture, AEF info, France Nature Environnement

Vous avez jusqu’au 10 novembre pour participer à la consultation publique et voter pour les propositions de l’AVF. Sur www.egalimentation.gouv.fr, cliquez sur « inscription » pour créer un compte, puis consulter le profil de l’AVF sur www.egalimentation.gouv.fr/profile/associationvegetariennedefrance pour retrouver toutes nos propositions.