Veggie Burger Ban : vers la conclusion ?

31 appellations finalement autorisées, dont « saucisse », « jambon » et « burger » végés, « steak » et « bacon » bannis, 3 ans pour s’adapter : c’est le bilan en demi-teinte du nouvel épisode du Veggie Burger Ban, diffusé le 5 mars au terme de longues négociations.

Cette saga a été lancée et relancée avec constance par la France, jusqu’au sommet des instances européennes, pour interdire aux alternatives végétales les noms couramment utilisés pour les produits carnés. La mesure était cette fois glissée dans une loi européenne visant à « renforcer la place des agriculteurs dans la chaîne de valeur ». 

Les retombées économiques sont difficiles à estimer. Il est cependant improbable qu’elles mèneront les éleveurs à une meilleure rétribution de leur travail, ni les fabricants d’alternatives à la ruine. Ces restrictions ne satisfont pas les consommateurs, qui demandent une alimentation plus saine et plus durable : elles produiront surtout des inventions sémantiques pour désigner les produits incriminés. 

Cette bataille de mots est une manœuvre politicienne : un appel du pied aux agriculteurs, déboussolés, qui se sentent malmenés — comme si l’élevage résumait tous leurs métiers et leurs préoccupations. C’est un cadeau sans contrepartie aux puissants lobbys de la viande. Et une tentative d’intimider les acteurs de la transition alimentaire. 

Ce faux débat est surtout le symbole d’une guerre idéologique contre les mesures de transition écologique. Interdire des appellations passées dans le langage courant ne répond pas aux grands défis pour l’agriculture que sont le changement climatique, la dépendance aux importations, la souveraineté alimentaire, les revenus agricoles, la concurrence internationale faussée… Au contraire, végétaliser l’alimentation est une opportunité pour la santé, pour une planète habitable, pour une agriculture nourricière, pour stimuler les innovations. Le Veggie Burger Ban est la crispation conservatrice des intérêts privés au détriment du bien commun. 

Cette décision sur les appellations sera dans les prochaines semaines présentées au vote du Conseil de l’agriculture et des pêches, puis en séance plénière au Parlement européen. Pour l’eurodéputée Céline Imart, qui en est l’initiatrice, cette liste noire est « un premier pas » : l’AVF, comme de nombreuses associations, reste mobilisée pour que l’alimentation durable suscite des débats et des décisions à la hauteur des enjeux, au service des citoyen·nes.

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