« Il n’est pas sur­prenant que les trois quarts des nou­veaux pathogènes ayant affec­té les humains dans les dix dernières années provi­en­nent des ani­maux ou des pro­duits ani­maux ». FAO

L’élevage industriel, un incubateur à virus

Que ce soit dans les pays dévelop­pés ou dans les pays en développe­ment, les sys­tèmes indus­triels et inten­sifs de pro­duc­tion sont le pas­sage obligé pour répon­dre à l’immense demande en viande et pro­duits ani­maux. L’énorme quan­tité d’animaux élevés en con­fine­ment, dotés d’une vari­abil­ité géné­tique très pau­vre et soumis à une crois­sance rapi­de, crée des con­di­tions idéales pour l’émergence et la prop­a­ga­tion de nou­veaux pathogènes. Ces sys­tèmes d’élevage indus­triel sont des incu­ba­teurs à virus :

  • lis­te­ria mono­cy­togènes,
  • sal­mo­nelles (51 % des toxi-infec­tions ali­men­taires col­lec­tives en France),
  • campy­lobac­ters,
  • E. coli, que l’on appelle la « bac­térie des ham­burg­ers » et qui cause des cen­taines d’hospitalisations par an en France et par­fois mal­heureuse­ment le décès des per­son­nes con­t­a­m­inées, par­ti­c­ulière­ment les sujets frag­iles (enfants).
  • et autres pro­mo­teurs de « grippes ».

L’antibiorésistance, un problème de santé publique de première importance

D’après l’Organisation Mon­di­ale de la San­té, 50 % des antibi­o­tiques pro­duits dans le monde sont des­tinés aux ani­maux, pour les soign­er ou favoris­er leur crois­sance et accroître ain­si le ren­de­ment en viande. En France, le rap­port de l’Agence nationale du médica­ment vétéri­naire sur le suivi des ventes de médica­ments vétéri­naires con­tenant des antibi­o­tiques en France en 2009 est clair : Les antibi­o­tiques sont tou­jours mas­sive­ment util­isés dans les éle­vages français.

L’élevage inten­sif est respon­s­able de cette util­i­sa­tion mas­sive d’antibiotiques : la promis­cuité et les con­di­tions d’élevage sur­ex­posent les ani­maux aux dif­férentes patholo­gies. Sans antibi­o­tiques et autres médica­ments, les ani­maux subi­raient des taux élevés de mor­tal­ité et de mor­bid­ité. L’utilisation mas­sive d’antibiotiques entraîne inévitable­ment le développe­ment de bac­téries résis­tantes et con­duit à l’inefficacité des traite­ments sur un nom­bre crois­sant de patients dans les hôpi­taux.

« Les bac­téries peu­vent ensuite être trans­mis­es à l’homme, prin­ci­pale­ment par l’alimentation. Elles peu­vent être rejetées dans l’environnement avec les excré­ments ani­maux, être présentes dans l’eau, con­t­a­min­er la viande lors de l’abattage et se retrou­ver dans nos assi­ettes si la tem­péra­ture de cuis­son est insuff­isante pour les détru­ire. » Insti­tut de veille san­i­taire

« L’antibiorésistance due à l’alimentation est la 2e cause des infec­tions incur­ables après l’usage des antibi­o­tiques chez l’homme ». France 3, « Assi­ette tous risques », Pièces à con­vic­tion, 28 juin 2010