Le mod­èle ali­men­taire occi­den­tal épuise les ressources plané­taires au détri­ment des pays du Sud. Les choix que nous faisons ici restreignent dras­tique­ment ceux des habi­tants de l’autre hémis­phère. Manger végé­tarien est aus­si un acte de sol­i­dar­ité.

Depuis 1945, une transformation radicale des schémas alimentaires

Dans la péri­ode qui suit la Sec­onde Guerre mon­di­ale, l’agriculture s’industrialise forte­ment dans les pays occi­den­taux (Nicol­i­no, 2009). Les pro­duits ani­maux, qui con­sti­tu­aient jusque là une part min­ime de l’alimentation, devi­en­nent la pièce cen­trale des repas, autour de laque­lle tout s’organise. Cette évo­lu­tion trans­forme rad­i­cale­ment les méth­odes de pro­duc­tion, mais aus­si les échanges com­mer­ci­aux à l’échelle de la planète.

La vache du riche affame le monde

Les ter­res agri­coles des pays rich­es ne suff­isent pas à y pro­duire la nour­ri­t­ure (céréales, soja) con­som­mée par les ani­maux d’élevage. Les pays du Nord impor­tent donc en très grande quan­tité des ali­ments pro­duits dans les pays du Sud, qui empiè­tent sur leurs sur­faces agri­coles et com­pro­met­tent leur pos­si­bil­ité de sou­veraineté ali­men­taire. L’Europe utilise ain­si 7 fois sa super­fi­cie agri­cole en ter­res des pays du Sud pour nour­rir son bétail (Kwa A., 2001) ! Dans les pays du Sud, la cul­ture d’aliments pour le bétail prof­ite à de très gros pro­prié­taires ter­riens, tan­dis que les petits paysans sont les vic­times du mod­èle pro­duc­tiviste, par exem­ple en Amérique du Sud, où la cul­ture du soja est un désas­tre écologique et social.

Les ravages de la pêche européenne

L’accroissement de la con­som­ma­tion d’animaux marins est égale­ment très préju­di­cia­ble aux pays du Sud. Alors que les pop­u­la­tions de pois­sons sont pra­tique­ment épuisées au large de l’Europe, les cha­lu­tiers européens ratis­sent les fonds marins d’Afrique occi­den­tale pour répon­dre à la demande européenne en pois­son. Leurs moyens sont sans com­mune mesure avec les bateaux de pêche africains : plus de cent fois plus puis­sants ! Ils men­a­cent la pêche tra­di­tion­nelle dans les pays con­cernés, notam­ment au Séné­gal, et com­pro­met­tent la pos­si­bil­ité pour ces pays de répon­dre à leurs besoins ali­men­taires. Les accords com­mer­ci­aux entre Europe et Afrique ne béné­fi­cient qu’aux dirigeants africains et ruinent les habi­tants du Sud.

Manger végétarien, un choix responsable à l’échelle planétaire

Le choix végé­tarien per­met d’économiser les ressources en eau, les émis­sions de gaz à effet de serre et d’éviter la déforesta­tion. C’est donc un choix respon­s­able à l’échelle plané­taire, dans un con­texte où les prob­lèmes écologiques sont globaux et nuisent avant tout aux habi­tants des pays pau­vres.

Par ailleurs, la pro­duc­tion de pro­téines ani­males est très con­som­ma­trice de ter­res agri­coles puisque pour pro­duire 1 calo­rie ani­male, il faut pro­duire en moyenne 7 calo­ries végé­tales !

Le choix végé­tarien per­met donc de dimin­uer l’emprise sur les sols des pays du Sud, un préal­able à une réap­pro­pri­a­tion de ces sols. Il rend pos­si­ble la sou­veraineté ali­men­taire dans chaque région du monde.

 

Références

[1] Pour com­pren­dre cette trans­for­ma­tion dans le cas de l’élevage, lire par exem­ple Fab­rice Nicol­i­no, Bidoche — l’industrie de la viande rav­age le monde, LLL (2009).
[2] Aileen Kwa, Agri­cul­ture in Devel­op­ing Coun­tries: Which Way For­ward? South Cen­tre, Occa­sion­al paper series, paper n° 4, chap­ter IV, The Social and Eco­log­i­cal Costs of Indus­tri­al Agri­cul­ture. June 2001.