« Ce que vous décrivez c’est le système américain, en France on ne fait pas comme ça. », « Moi de toute façon, je mange bio, alors je ne suis pas concerné. ». Ces réflexions sont souvent entendues lorsqu’on aborde le végétarisme pour les animaux. Elles masquent une dure réalité : l’élevage en France, comme partout dans le monde, est loin des images esthétisées que l’on veut bien montrer. La réalité est très éloignée de ces images d’Épinal.

L’élevage intensif : une écrasante majorité

En France plus de 80 % des animaux sont élevés en bâtiments fermés, parqués en cage ou sur des caillebotis sans accès à l’extérieur.

  • 82 % des 700 millions de poulets de chair sont élevés sans accès à l’extérieur.
  • 81 % des 47 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages.
  • 99 % des 40 millions de lapins sont élevés en batterie de cages.
  • 95 % des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments.
  • Si les bovins ont encore souvent un accès à l’extérieur, certains d’entre eux passent aussi leur vie en stabulation.

Ces modes de production ne donnent pas à l’animal la possibilité de satisfaire des besoins naturels primordiaux comme étendre ses ailes (cas des poules « de cages »), se retourner (foie gras ou veaux), être en contact avec la terre (quasiment tous les animaux) et avoir une alimentation normale (tous les animaux). Sans même parler de la satisfaction des besoins plus élaborés comme les rapports sociaux (vivre en groupe, s’affirmer, découvrir de nouveaux lieux…), la mixité génétique et tous les autres sentiments dont sont dotés les animaux d’élevage.

Rentabilité et productivité au détriment des animaux

Les animaux sont sélectionnés pour la rentabilité, sur des critères de prolificité ou de capacité d’engraissement ; la productivité de ces animaux est poussée à son maximum. Des mutilations sont pratiquées pour « adapter » les animaux à la claustration, à la surpopulation des élevages ou au goût des consommateurs, tel que l’épointage des becs, la coupe des queues, le rognage des dents des cochons, la castration des porcs, des veaux, des chapons,…

Certains labels (bio ou Label Rouge) ont des cahiers des charges qui permettent aux animaux de pouvoir exprimer une gamme plus importante de comportements. Mais ces animaux subissent les mêmes conditions de transport, les mêmes abattoirs, les mêmes destructions « collatérales ». Ces labels améliorent considérablement les conditions de vie des animaux, mais ne résolvent pas tout, loin s’en faut. Et les énormes quantités de viande consommée font qu’il est impossible d’améliorer le sort d’un si grand nombre d’animaux, obligatoirement confinés dans des espaces restreints, et « traités » par un nombre réduit de travailleurs.

Transport et abattage à la chaîne

Les animaux sont parfois transportés sur de très longues distances. Le chargement, le transport et le déchargement sont de grandes sources de stress pour les animaux. Nombre d’entre eux en meurent. Et une mise à mort des animaux sans aucune souffrance est impossible, bien qu’une directive européenne tente de limiter les souffrances inévitables de la mise à mort et que des progrès notables aient été réalisés grâce à cette réglementation.

Mais quand bien même la souffrance animale serait réduite à une seconde (ce qui n’est pas envisageable dans le cadre de l’élevage intensif), prendre la vie d’un animal alors que ce n’est pas nécessaire est-il un acte juste ? À chacun d’y réfléchir et d’y apporter sa propre réponse.

La seule façon d’éviter ces nombreuses souffrances, c’est d’arrêter de consommer les animaux. La solution est simple : végétaliser son alimentation !