Application de l’option végétarienne quotidienne : vigilance sur les prochaines échéances

Un arrêté datant de 2011 oblige à mettre au menu de la viande ou du poisson dans les cantines, et définit la fréquence de ces repas carnés. Depuis 2021, la loi établit quant à elle le droit à la mise en place d’une option végétarienne quotidienne dans les établissements scolaires qui le souhaitent. L’arrêté et la loi se trouvent actuellement en apparente contradiction. L‘enjeu de la réécriture en cours de l’arrêté de 2011 est donc d’harmoniser les textes d’application et l’esprit des lois, afin de réduire le risque d’interprétations divergentes.
Le texte final se fait attendre depuis plusieurs mois, et ce retard suscite des inquiétudes sur la pérennisation des menus végétariens. Le 9 février dernier, le gouvernement a répondu à une question écrite de la députée EELV Francesca Pasquini portant sur le futur arrêté. Le texte n’étant pas encore divulgué, et toujours en attente d’arbitrage des différents ministères selon la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL), le gouvernement a répondu sur l’interprétation de l’arrêté actuel.
Sa réponse confirme l’autorisation de l’option végétarienne quotidienne, mais estime que cette possibilité est limitée à de courtes durées, pour des inscriptions à la cantine valables deux à trois semaines. Cette lecture restrictive est une des interprétations possibles. Elle se fonde en tout cas sur un texte qui sera prochainement mis à jour, et dont la nouvelle version est encore inconnue.
Les inquiétudes suscitées par cette réécriture de l’arrêté de 2011 sont davantage révélatrices des doutes sur la volonté politique de végétaliser les assiettes dans les prochaines années, que d’un obstacle réglementaire. En effet, la réponse apportée par le gouvernement à la question de la députée Pasquini, bien qu’elle n’ait pas de valeur juridique, laisse entendre que la facilitation des menus végétariens ne semble pas prioritaire. En particulier, les textes d’application pourraient faire les frais de tractations administratives visant à préserver les intérêts de groupes de pression.
Dans cette perspective politique, une prochaine échéance attire particulièrement notre attention et notre vigilance, en complément à la réécriture de l’arrêté de 2011 : cet été, le parlement devra acter la pérennisation, ou non, au terme de la période d’expérimentation, de l’option végé quotidienne. C’est à ce moment-là que l’adoption définitive de ce dispositif et les moyens d’en assurer la mise en œuvre seront instaurés.
L’AVF, comme les autres ONG impliquées sur le sujet, reste donc attentive aux suites qui seront apportées à la traduction dans les décrets et arrêtés de la loi Climat et Résilience, et se tient prête à l’éventualité d’une mobilisation pour maintenir la concrétisation des engagements de la loi de 2021.
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