Suite aux nombreuses réactions qu’a suscité la publication récente du résumé de l’article de Watanabe et al. suggérant la présence de vitamine B12 dans l’algue nori, l’AVF tient à préciser son positionnnement sur la supplémentation en vitamine B12. Nous avons relayé, à titre informatif, un article validé par des scientifiques et qui nous semble intéressant pour la communauté végétarienne. Cependant, la biodisponibilité de la vitamine B12 dans les algues reste l’objet d’études. Par mesure de précaution, nous continuons à conseiller à tous les végétariens stricts (végétaliens, véganes) une supplémentation systématique en vitamine B12, sous forme d’ampoules ou de comprimés, de préférence vendu sous AMM (médicament) afin de garantir une source contrôlée de vitamine B12.

La commission scientifique de l’AVF, le 22 septembre 2014

Une bonne source végétale de vitamine B12: la nori
Après avoir confirmé en
2013 que la vitamine B12 présente dans les algues bleues est en fait une pseudo-vitamine B12 composée d’un corrinoïde totalement inactif chez l’humain, une équipe japonaise a poursuivi ses études sur l’algue nori, pour conclure qu’elle apporte une vitamine B12 biodisponible en quantité intéressante pour les végétariens. L’analyse de nori séchée et grillée (feuille pour sushi) révèle une teneur en vitamine B12 de 77,6 μg / 100 g, ce qui suffit, à raison d’une feuille à sushi de 4 g par jour, à couvrir l’apport journalier recommandé au Japon, aux Etats-unis et également en France, de 2,4 μg de vitamine B12. Une bonne nouvelle pour les végétariens donc, d’autant que la nori se révèle aussi être une source intéressante de fer et d’oméga 3.
Source:
Watanabe F., Yabuta Y., Bito T., teng F. Vitamin B₁₂-containing plant food sources for vegetarians. Nutrients. May 5;6(5):1861-73.

Quel est le degré de carence en vitamine B12 chez les végétariens?
Les végétariens étant susceptibles de ne pas consommer assez de vitamine B12, une équipe américaine a cherché à quantifier ce risque en effectuant une importante revue de la littérature scientifique sur ce sujet. 40 études ont été retenues et l’analyse des données a révélé une prévalence de
carence en vitamine B12 plus importante chez les végétaliens que chez les autres végétariens. D’une façon générale, les pourcentages de carence ont atteint 45% chez les enfants, 17 à 39% chez les femmes enceintes, 0 à 86,5% chez les adultes et les personnes âgées. Les auteurs de l’étude considèrent qu’une supplémentation en vitamine B12 est nécessaire chez les végétaliens et les végétariens, et incitent tous les végétariens à faire un dépistage de carence en vitamine B12.
Source: Pawlak R., Lester SE., Babatunde T.
The prevalence of cobalamin deficiency among vegetarians assessed by serum vitamin B12: a review of literature. Eur J Clin Nutr 2014 May;68(5):541-8.

Végétarisme et santé
Deux chercheurs californiens ont tenté d’évaluer l’impact des régimes végétariens sur la santé, en analysant des données provenant de 3 études de cohortes conduites sur les Adventistes d’Amérique du Nord. Cette analyse a indiqué que les régimes végétariens
apportent une protection contre les maladies cardio-vasculaires, les facteurs de risque cardio-métaboliques, certains cancers et la mortalité totale. Par rapport aux régimes lacto-ovo-végétariens, les régimes végétaliens semblent offrir une protection supplémentaire contre l’obésité, l’hypertension, le diabète de type 2 et la mortalité cardio-vasculaire. Sur la base de ces résultats, les deux chercheurs souhaitent de nouveaux essais cliniques de grande ampleur pour mieux connaître les effets des régimes végétariens sur les fonctions neurologiques et cognitives, l’obésité, le diabète et d’autres effets cardio-vasculaires, afin de pouvoir formuler des recommandations utiles.
Source: Le LT., Sabaté J.
Nutrients. Beyond meatless, the health effects of vegan diets: findings from the Adventist cohorts. Nutrients. 2014 May 27;6(6):2131-47

Moins de viande, plus de vie !
Conscients qu’un régime végétarien ne peut être adopté par tous, des chercheurs espagnols ont cherché à savoir si l’adoption d’un régime provégétarien, mettant l’accent sur les aliments d’origine végétale, pouvait réduire la mortalité totale dans une population omnivore à haut risque cardio-vasculaire. L’étude a été conduite pendant 5 ans
à l’aide d’un questionnaire alimentaire sur 7216 personnes (âge moyen 67 ans, 57% de femmes) présentant ce risque, et a montré que l’adoption d’un régime alimentaire provégétarien est associée à une réduction du risque de mortalité toutes causes confondues.
Source: Martinez-Gonzalez MA. & Coll.
A provegetarian food pattern and reduction in total mortality in the prevencion con Dieta Mediterranea (PREDIMED) study. Am J Clin Nutr. 2014, May 28: 100(Supplement 1): 320S-328S.

Maria Bardoulat, docteure en pharmacie