Cantines : l’option végé quotidienne bientôt illégale ?

3 min
25 janvier
Astrid Prevost

La question inquiète depuis plusieurs mois : la réécriture d’un arrêté mettra-t-elle les menus végés hors la loi ? Mise au point avec le pôle Végécantines de l’AVF.

Cet arrêté est celui mis en place en 2011 pour assurer une qualité nutritionnelle optimale et uniformisée dans les repas de la restauration scolaire. Il a introduit l’obligation de servir 4 fois de la viande et 4 fois du poisson sur une période de 20 repas consécutifs. Ce texte est actuellement en cours de révision pour intégrer les nouvelles orientations nutritionnelles et écologiques.
La logique voudrait, suite aux lois EGalim et Climat et Résilience, que le futur arrêté prenne en compte la fréquence des repas végétariens dans la restauration scolaire, en cohérence avec l’esprit de ces lois. Pourtant, fin 2022, des sonnettes d’alarme ont retenti dans la presse quant à cette mise à jour, pointant la possibilité d’une interdiction de l’option végétarienne quotidienne.

Puisqu’il faut servir 8 repas sur 20 à base de viande ou de poisson, est-il déjà illégal de servir une option végétarienne quotidienne dans les écoles ?

Non !
Dans le cas de repas à choix multiples, rien n’empêche une école de présenter un menu végétarien tous les jours, du moment que de la viande ou du poisson est également proposé à cette fréquence de 8 repas sur 20.
En revanche, il s’agit bien d’un point bloquant pour les écoles ayant un menu unique : l’arrêté de 2011 ne leur permet pas de ne proposer que des repas végétariens.

Que sait-on sur le texte du futur arrêté ?

Pour l’instant, peu de choses. Les discussions sur les modifications à apporter au texte initial sont toujours en cours dans les ministères concernés. Le groupe de travail (GT) Nutrition du Conseil national de la restauration collective, dont l’AVF fait partie, aura connaissance des modifications lorsque les arbitrages auront été rendus.
Par conséquent, à l’heure actuelle, rien ne permet de rejoindre l’hypothèse d’une mise hors la loi des menus végétariens. Rien non plus ne permet d’en écarter totalement l’éventualité.

Une telle interdiction, fut-elle de fait, contredirait radicalement le travail mené depuis plusieurs années par les pouvoirs publics, et constituerait un choix politique contre lequel l’AVF et ses partenaires se mobiliseraient immédiatement. Cependant, le maintien de la fréquence obligatoire des produits carnés prolongerait le statu quo actuel : les menus végés continueraient bien d’exister, mais sans pouvoir se déployer davantage.
Dans l’attente d’informations concrètes sur le contenu révisé de cet arrêté, nous continuons à œuvrer sur le terrain pour que les dispositions actuelles soient respectées, et pour que les responsables de la restauration collective puissent proposer des repas végétariens de qualité, au bénéfice de toutes et tous.

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