L’AVF demande aux autorités françaises d’agir pour que l’UE mette en pratique ses engagements climatiques et de santé publique, en cessant de subventionner la promotion de produits qui contreviennent à ses objectifs en matière de climat et de santé publique. Une concertation publique a été menée à l’échelle européenne au printemps dernier, qui a donné lieu à un rejet massif de ces campagnes. Pourtant, l’UE ne semble pas vouloir changer ses pratiques. 

 

Entre 2016 et 2020, 32% du budget de promotion des produits agricoles de l’UE était consacré à des campagnes de publicité pour la viande et les produits laitiers, et 28% à des campagnes pour des assortiments de produits, contenant presque tous des produits laitiers ou de la viande. Des campagnes financées dans le cadre de ce programme, telles que “Let’s Talk About Pork” et “Become a Beefatarian” visaient explicitement à augmenter la consommation de viande afin d’aider le secteur agricole et animal de l’UE à rester compétitif. 

Au printemps dernier, la Commission européenne a entrepris une révision de sa politique de promotion des produits agricoles, “en vue de renforcer sa contribution à une production et une consommation durables, et en ligne avec le passage à une alimentation plus végétale, avec moins de viande rouge et transformée et plus de fruits et légumes”. Les États ont été consultés : la France s’est opposée à l’exclusion de la viande et des produits laitiers des promotions, au motif que cette exclusion donnerait une image contraire à “la diversité, la tradition et l’excellence culinaire des pays de l’UE”, et nuirait à la compétitivité de certaines filières. D’autres pays, en revanche, ont défendu des positions ambitieuses, à l’instar des Pays-Bas qui ont demandé l’arrêt complet de ce programme. Les citoyen.nes, de leur côté, ont pu s’exprimer au printemps dernier sur un portail collaboratif, et 95% des participant.es ont demandé à l’UE d’exclure de ce programme de promotion les produits n’étant pas alignés avec une transition alimentaire plus végétale. 

Cependant, cette demande n’a pas reçu l’attention méritée lors de la conférence des parties prenantes qui a eu lieu les 12 et 13 juillet dernier. La représentativité des participations a été remise en question, tandis que l’industrie de la viande et des produits laitiers ont reçu plus d’attention que les associations et la société civile. En réaction à ce statu quo incompréhensible des politiques publiques françaises et européennes, a fortiori dans un contexte d’urgence écologique et de crise sanitaire, l’AVF s’est adressée au Ministère de la transition écologique, au Ministère de l’agriculture et de l’alimentation et au Ministère des solidarités et de la santé pour que la France réclame à la Commission européenne une étude approfondie de l’impact  des campagnes de publicité financées, étude susceptible d’éclairer des choix futurs et de favoriser des pratiques de promotion plus vertueuses. 

 

Il est urgent d’infléchir le modèle agricole et alimentaire dans les pays industrialisés, et l’AVF reste pleinement mobilisée pour que l’argent des contribuables d’Europe soit mis au service d’une alimentation plus durable et donc plus végétale. 

 

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Contact presse : Élodie Vieille Blanchard, présidente de l’AVF, 06 32 43 86 40