PNNS 5 : La végétalisation au menu, mais…

13 avril

La publication du Programme National Nutrition Santé 2026–2030 (PNNS 5), le 9 avril, confirme une évolution importante : la végétalisation de l’alimentation s’impose désormais comme un objectif de  santé publique. L’AVF salue cette reconnaissance officielle, et invite les autorités sanitaires à ne pas s’arrêter en si bon chemin. 

 

Le PNNS 5 marque plusieurs avancées notables :

  • la promotion explicite de la diversification des sources de protéines,
  • une augmentation significative de la consommation de légumineuses, ainsi que de fruits, de légumes et de céréales complètes,
  • la mise en avant sans ambiguïté des menus végétariens en restauration collective comme un levier de santé publique 

Ces recommandations traduisent une prise en compte croissante des consensus scientifiques, notamment ceux portés par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et la SNANC, qui appellent à faire converger santé et durabilité des systèmes alimentaires dans le cadre de la dynamique “Une seule santé” (“One Health”).

Le consensus scientifique permet de faire mieux

Dans son avis de janvier 2026, le HCSP recommandait explicitement :

  • de diminuer la consommation de produits d’origine animale,
  • d’augmenter celle des produits végétaux,
  • et de renforcer la place des repas végétariens en restauration collective.

Ces recommandations s’inscrivent dans une logique de co-bénéfices santé-environnement aujourd’hui largement documentée. Si ce nouveau PNNS reprend une partie de ces préconisations, il peine à en tirer toutes les conséquences opérationnelles. La réduction des produits animaux reste implicite et non chiffrée, et les mesures les plus structurantes proposées par le HCSP ont été atténuées ou écartées.

Restauration collective : un levier encore sous-exploité

La restauration collective est un levier particulièrement puissant de transformation des habitudes alimentaires. En ce sens, le nouveau PNNS :

  • confirme le menu végétarien hebdomadaire en restauration scolaire sans limitation de fréquence,
  • rend explicite l’intérêt nutritionnel et sanitaire d’une option végétarienne quotidienne, qui s’ajoute à ses vertus écologiques déjà reconnues par la Loi Climat de 2021.

Ainsi, en réaffirmant l’obligation d’une option quotidienne dans les restaurants gérés par l’État, le PNNS renforce le devoir d’exemplarité des cantines publiques et en fait la nouvelle norme pour l’ensemble de la restauration collective.

Cette nouvelle obligation ne s’étend pas encore aux écoles, collèges et lycées, mais constitue un signal fort et une avancée importante dans cette direction. Il ne s’agit plus d’une expérimentation mais bien d’une action de santé publique à généraliser, adossée à des preuves solides.

Pourtant, le HCSP recommandait d’aller plus loin, en renforçant la fréquence des repas végétariens en milieu scolaire avec au moins 2 options végétariennes par semaine. Le PNNS aurait pu fixer ce cap. Le texte préfère, plus timidement, en appeler à l’ANSES, afin qu’elle poursuive ses travaux et publie des recommandations précises à destination des enfants et des personnes âgées.  

Des mesures fortes retoquées

Au-delà de la restauration collective, plusieurs recommandations fortes du HCSP sont absentes ou insuffisamment développées :

  • l’encadrement strict du marketing des produits les moins favorables à la santé, basé notamment sur le Nutri-Score,
  • des mesures structurelles sur l’offre alimentaire,
  • ou encore des leviers économiques incitatifs, comme une fiscalité nutritionnelle ciblée sur les produits les moins favorables à la santé

Le HCSP appelait à transformer en profondeur l’offre alimentaire, en agissant sur les produits, sur leur composition et sur leur mise en avant, afin de rendre les choix pro-santé plus accessibles. Le PNNS 5 privilégie encore une approche progressive et partenariale, reposant largement sur des engagements volontaires des acteurs économiques. Si cette approche peut favoriser l’acceptabilité, elle risque de limiter l’effet des politiques publiques, dans un contexte où l’urgence sanitaire et environnementale appelle des transformations rapides.

Le changement doit être collectif

L’Association Végétarienne de France appelle à transformer ces premières avancées en actions concrètes et ambitieuses. Dans le prolongement du travail qu’elle mène avec ses campagnes Végécantines et Végépolitique, l’association demande que les structures publiques se mobilisent davantage pour 

  • accompagner les collectivités vers la mise en place d’une option végétarienne quotidienne en restauration collective
  • outiller les professionnels (recettes, formation, accompagnement) pour faciliter la transition 
  • sensibiliser à l’intérêt sanitaire, environnemental et économique d’une alimentation plus végétale

L’alimentation fait partie de la solution

Le PNNS 5 marque une étape importante : la végétalisation de l’alimentation n’est plus une option, mais une orientation reconnue des politiques publiques. Pour autant, un écart significatif demeure entre les recommandations scientifiques et leur traduction opérationnelle.

Face aux contraintes écologiques croissantes et aux problématiques de santé contemporaines, pourquoi tergiverser ? Des actions claires et concrètes doivent se traduire dans les lois et sur le terrain pour la transformation effective du système alimentaire.

L’AVF rappelle que l’alimentation n’est pas une responsabilité individuelle : c’est avant tout  un enjeu de société. Les politiques publiques ont la responsabilité d’instaurer une culture et un environnement alimentaires sains, accessibles à tous et toutes. L’AVF salue donc les avancées de ce nouveau PNNS et continue de plaider et d’agir pour un changement collectif, tout en accompagnant chaque pas individuel. 

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