À l’échelle de la planète, la « production » de viande et de produits animaux contribue très lourdement aux émissions de gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique. Le modèle alimentaire occidental est en question ! Pour l’alimentation comme pour l’énergie ou le transport, les pays riches ont une responsabilité historique prédominante, mais les conséquences sont globales, et touchent en particulier les habitants des pays pauvres, qui dépendent davantage des récoltes agricoles et dont l’habitat est plus vulnérable.

L’élevage émettrait plus de gaz à effet de serre que les transports !

Le choix d’une alimentation plus ou moins locale, issue d’une agriculture plus ou moins productiviste, influe sur les émissions de gaz à effet de serre. Cela semble peu surprenant. Et pourtant, il se pourrait bien que l’arbitrage entre alimentation végétale et alimentation animale soit le plus crucial : à l’échelle de la planète, l’élevage serait davantage émetteur de gaz à effet de serre que le secteur des transports. Ce résultat édifiant a été révélé en novembre 2006 par la FAO (agence de l’ONU chargée de l’alimentation et de l’agriculture) selon laquelle l’élevage serait responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre (FAO, Livestock Long Shadow, 2006, p. 112). Par exemple, l’impact de la viande de bœuf est lourd : en produire un kilogramme équivaut à rouler 3 heures en voiture en laissant les lumières allumées chez soi.

Un maillon de trop dans la chaîne alimentaire ?

Si l’élevage contribue lourdement aux émissions de gaz à effet de serre, la première cause en est l’énorme gaspillage qui consiste à produire de la nourriture pour des animaux … qui servent de nourriture aux humains ! Cette nourriture est produite souvent à l’autre bout du monde, de manière intensive. C’est le cas du soja, une culture presque exclusivement OGM, qui débarque dans les ports français dans de gros cargos pour nourrir nos animaux « de boucherie », et dont la culture repose sur une déforestation intensive de l’Amazonie. L’élevage est responsable de 9 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) à l’échelle mondiale parce que la production de la nourriture animale (soja notamment) implique engrais et équipements agricoles, et parce que la déforestation massive liée à cette production fait disparaître d’immenses puits de carbone naturels.

Les gaz des ruminants

Pour comprendre l’impact de l’élevage sur le réchauffement global, il faut aussi prendre en considération l’effet du méthane (CH4) sur le climat. Ce gaz, dont le « potentiel de réchauffement global » est dans le court terme soixante fois plus élevé que celui du CO2, est dû à 37 % à l’élevage. En cause : les gaz des ruminants et les lisiers. Par ailleurs, l’élevage émet 65 % du protoxyde d’azote sur terre (N2O), un gaz au potentiel de réchauffement deux cents fois plus élevé que celui du CO2.

Vive le végétal !

L’agriculture bio est un modèle alternatif qui évite les produits chimiques et qui, la plupart du temps, offre de meilleures conditions de travail que l’agriculture intensive. Cependant, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, manger bio ne change pas grand-chose. Manger végétarien permet de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation, et manger complètement végétal est plus efficace encore. C’est ce que démontre une étude de l’organisation Foodwatch, dont les résultats sont illustrés par le schéma ci-dessous.

En termes d’émissions de gaz à effet de serre, manger bio et végétal apparaît comme un idéal. Dans cette direction, diminuer individuellement sa consommation de produits animaux est une démarche très positive, qui a été recommandée par Rajendra Pachauri, le président du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), prix Nobel de la Paix en 2007. Au niveau collectif, la possibilité de bénéficier d’une option végétarienne dans les cantines d’écoles et d’entreprises permettrait à celles et ceux qui le souhaitent de choisir un mode alimentaire plus léger pour le climat.