La production de produits animaux nécessite de très grandes quantités d’eau, et l’élevage, industriel en particulier, génère une redoutable pollution des nappes phréatiques. Pour préserver l’eau, le choix végétarien est très efficace.

Eau virtuelle et produits animaux

Le concept d’ « eau virtuelle » exprime la quantité d’eau nécessaire pour produire un aliment ou un bien, du début à la fin de la chaîne de production. Pour produire 1 kg de blé, il faut par exemple 1 300 litres d’eau. Pour produire 1 kg de maïs, il faut 900 litres d’eau. Mais on passe à 4 000 litres pour 1 kg de viande de poulet, et à … 15 500 litres pour 1 kg de viande de bœuf !
Ces chiffres s’expliquent parce qu’il faut beaucoup d’eau pour faire pousser la nourriture des animaux, pour les abreuver, pour nettoyer leurs élevages et les abattoirs, mais également pour fabriquer les engrais, utilisés en grande partie pour les besoins de l’élevage.
Au total, en France, l’agriculture consomme 71 % de l’eau utilisée, tandis que les pratiques domestiques ne sont responsables que de 5,6 %*.
Fermer le robinet en se brossant les dents semble donc une habitude louable mais quelque peu dérisoire pour économiser l’eau !

Déjections animales et nappes phréatiques

Les élevages sont de plus en plus industriels et concentrent de plus en plus d’animaux. À côté des fermes, ce sont bien souvent des énormes « tas de merde » qui s’accumulent, selon l’expression employée par Jonathan Safran Foer dans l’essai Faut-il manger les animaux ?
En Bretagne, la situation catastrophique des nappes phréatiques est directement liée à la très grande concentration d’élevages de porcs : seulement 2 % des eaux de surface sont en dessous de la norme sanitaire à ne pas dépasser ! L’accumulation des nitrates dans l’eau, qui sont rejetés dans la mer, entraîne la prolifération d’algues vertes, qui dégagent des gaz dangereux.

La solution végétarienne

Tandis que le coût en eau d’un menu européen « classique » est d’environ 12 000 litres, le coût d’un menu végétarien aux qualités nutritives équivalentes n’est que de 3 500 litres, ce qui représente une économie d’environ 70 % [Virtual WaterTrade and geopolitics]. À chaque fois qu’on décide de remplacer un menu carné par un menu végétarien, on économise ainsi 7 500 litres d’eau, autrement dit … l’équivalent de 50 bains !
Manger végétarien permet à la fois de préserver les ressources en eau et d’éviter de les polluer, ce qui explique la prise de position exprimée à la Conférence sur l’Eau de 2004, tenue sous l’égide du World Water Council : « Il faudrait utiliser les médias pour populariser le concept d’eau virtuelle et dire clairement aux gens que se nourrir en bas de la chaîne alimentaire aide à économiser l’eau. Les hôtels, les compagnies aériennes, les organisateurs de conférences, etc. devraient offrir des choix végétariens parmi leurs menus et concevoir une variété de plats végétariens, de façon que les gens commencent à développer un goût pour la nourriture végétarienne » .

L’Association Végétarienne de France mène deux campagnes dans ce sens :

  1. pour la présence de menus végétariens en restauration collective
  2. pour les lundis végétariens

L’alimentation végétarienne permet à la fois de préserver les ressources en eau et d’éviter de les polluer, adoptez-la !

* Hoekstra AY & Chapagain AK, Water footprints of nations: water used by people as a function of their consumption pattern. Water Resource Management, Springer Science and Business Media, Vol.21, 2007, 35-48.