L’élevage joue un rôle prédominant dans la déforestation, en particulier en Amazonie. Ce phénomène, qui a des conséquences écologiques et sociales dramatiques, est étroitement lié à la demande croissante en viande, lait et cuir à laquelle participe l’Occident.

La déforestation : un phénomène en accélération

Il y a 8 000 ans, la forêt primaire couvrait la moitié de la surface de la Terre. Aujourd’hui, à chaque seconde, 5 000 m² de surface de forêt primaire disparaissent. L’Amazonie, qui constitue la plus grande forêt tropicale restante, avec 4 millions de km², est particulièrement touchée. La déforestation menace ainsi le plus grand réservoir mondial de biodiversité, et touche lourdement les populations autochtones, dont la culture est en voie de disparition.
D’abord liée à l’exploitation du bois et des mines, la déforestation s’est considérablement accrue à partir des années 1960, en lien avec la culture de soja pour le bétail, et la mise en pâturage de zones de plus en plus importantes.

L’économie mondialisée ravage l’Amazonie

Dans le Para, au sud-ouest de l’Amazonie, la déforestation pour la mise en pâturage est très rapide et s’accompagne d’une transformation profonde des zones touchées : tracé de routes, multiplication de la population par 10 entre 1960 et 1990, explosion des scieries, laiteries, abattoirs, ateliers de découpe et de tannage des peaux. Au total, des régions entières sont bouleversées par l’essor de l’élevage[1].
Le second phénomène est la mise en culture du soja, qui touche particulièrement le Brésil. Au cours des soixante dernières années, cette culture y est passée de zéro à plus de 60 millions d’hectares. Elle répond à une forte demande de l’élevage européen, qui repose sur les tourteaux de soja depuis la crise de la vache folle. Elle est menée par de grosses infrastructures qui n’hésitent pas à expulser brutalement les habitants autochtones de l’Amazonie[2], qui gèrent leurs travailleurs d’une manière proche de l’esclavage, et qui recourent le plus souvent à des plantes génétiquement modifiées.

La consommation occidentale en cause

Dans un rapport publié en 2009[3], Greenpeace a attribué la responsabilité de l’élevage dans la déforestation amazonienne à 80 %. L’organisation écologiste a rapporté qu’entre 1996 et 2006, dix millions d’hectares avaient été rasés pour l’élevage bovin, soit une superficie équivalente à celle de l’Islande. Elle a mis en avant la responsabilité de l’Europe dans ce phénomène : la viande des ruminants brésiliens y est consommée sous forme de steaks, hamburgers et plats préparés, par exemple sur le réseau SNCF. Leur cuir est largement employé dans la maroquinerie de luxe (Vuitton, Gucci), les revêtements intérieurs dans l’industrie automobile, et dans la fabrication de chaussures de sport (Nike, Reebok ou Adidas).
Selon Greenpeace, il s’agit d’une filière « aveugle et tentaculaire », car la plupart de ces marques déclarent ne pas avoir connaissance de l’implication de leurs fournisseurs dans la déforestation .

Consommation et déforestation : faisons le lien !

Les conséquences de la déforestation en Amazonie sont catastrophiques : érosion des sols et de la biodiversité, perturbations climatiques locales et globales, pollution des sols et des eaux liés à la culture intensive, décimation des populations autochtones.
Le gouvernement brésilien et l’Union européenne sont largement complices, à la fois dans leur politique officielle, axée sur le productivisme agricole, et dans une certaine complaisance vis-à-vis de la déforestation illégale.

En mangeant végétarien, on refuse de participer à ce fléau qu’est la déforestation. En faisant connaître le lien entre consommation et déforestation, on encourage d’autres personnes à faire de même. Soutenons l’Association Végétarienne de France dans son travail de sensibilisation !

  • [1] CIRAD, Elevage bovin, déforestation et développement régional : le cas du Pará, Amazonie brésilienne, Bois et Forêts des Tropiques, 2004.
  • [2] Fabrice Nicolino, Bidoche, Les Liens qui Libèrent, 2009.
  • [3] Greenpeace, Amazon Cattle Footprint – Mato Gross: state of destruction, 2009.