Pour Karine Mérel, ath­lète végane, la course à pied est une vraie pas­sion : elle a par­ticipé l’année dernière à dix cours­es dont une de 100 km sur route ! Souf­frant d’un dia­bète de type 2, elle a tout de même réus­si à trou­ver un équili­bre entre sport et ali­men­ta­tion. Et son régime végane lui a même per­mis de con­trôler sa mal­adie et de régler un prob­lème de ten­di­nite.

- Peux-tu te présen­ter en quelques mots ?

J’ai 41 ans et je suis mère au foy­er avec 2 enfants de 7 et 9 ans. Aupar­a­vant, j’étais com­mer­ciale dans le bâti­ment dans le Sud de la France d’où je suis orig­i­naire. Depuis sept ans, je vis dans les Yve­lines en bor­dure de la forêt de Saint-Ger­main-en-Laye, mon ter­rain d’entraînement qua­si-quo­ti­di­en.

- Depuis quand est-ce que tu cours et depuis quand est-ce que tu es végane ?

J’ai pra­tiqué un peu de course à pied de 2000 à 2004 quand je fai­sais de la mon­tagne au sein du Club Alpin Français. On fai­sait quelques cours­es avec les copains avant la sai­son de ski alpin­isme. C’est comme ça que j’ai décou­vert ce milieu et pu faire des cours­es encore peu con­nues à cette époque comme la désor­mais célèbre Sain­té­Ly­on. Ce n’est qu’après dif­férents démé­nage­ments et deux grossess­es que j’ai repris sérieuse­ment le foot­ing en sep­tem­bre 2011 avec l’entrée en mater­nelle du dernier. Cette même année, je suis dev­enue végé­tari­enne suite à quelques réflex­ions de mon aînée sur le fait que manger de la viande c’était comme manger du sang ! J’étais juste­ment en péri­ode de remise en cause de mon ali­men­ta­tion suite à la décou­verte d’un dia­bète de type 2. J’ai trou­vé rapi­de­ment mon équili­bre entre sport et ali­men­ta­tion. En mars 2012, j’officialise ma reprise avec le semi-marathon de Paris. Et courant 2013, je deviens végane.

- Pourquoi es-tu végane ? Es-tu 100% végane, végé­tari­enne, flex­i­tari­enne, crudi­vore ?

Une fois le pied dans le végé­tarisme et quelques recherch­es, j’ai pris con­science de beau­coup de choses sur la con­di­tion ani­male dont je n’avais même pas idée. Et d’un point de vue éthique, je suis en par­faite équa­tion avec le fait d’être végane. Donc oui 100%, après avoir appris à lire les éti­quettes !

- Tes enfants sont-ils véganes aus­si ?

Mes enfants et mon mari sont eux des omni­vores “raison­nés”. C’est moi qui fais les cours­es et cer­tains pro­duits sont ban­nis des plac­ards ou du fri­go mais ils sont libres de faire leur choix. Pour mes enfants, ils ne man­gent pas assez var­ié mais ce sont des cham­pi­ons pour les cru­dités et les fruits qu’ils adorent com­paré à leurs petits cama­rades. On pour­rait dire qu’ils ont un régime flex­i­tarien.

- Com­bi­en de temps est-ce que tu cours par semaine ? À quelle fréquence par­ticipes-tu à des cours­es et quelles sont les dis­tances ?

Je cours 4 fois par semaine voire plus quand je pré­pare un ultra avec 2 entraîne­ments par jour pour garder des jours de récupéra­tion. Soit six à dix heures par semaine. Je ne fais pas beau­coup de cours­es par an. Pour cette année écoulée, 10 dos­sards. Avec 1 semi-marathon, 3 marathons, 1 course horaire de six heures, 4 trails de 17, 21, 50km et 80km et mon pre­mier 100 km sur route. Soit entraîne­ment inclus : plus de 2.500 km. J’ai une prédilec­tion pour les longues dis­tances. En 2015, j’ai déjà cou­ru un marathon début jan­vi­er, je compte refaire 3 ultras dont un pre­mier vingt-qua­tre heures en mai.

Karine aux 100 km de Sologne

Karine aux 100 km de Sologne

- Est-ce que tu observes un régime par­ti­c­uli­er pour pra­ti­quer la course, notam­ment avant les com­péti­tions ?

Non, j’estime que je mange suff­isam­ment équili­bré toute l’année. A pri­ori, ça con­vient bien. Sur les cours­es, je mange unique­ment des morceaux de bananes ou des bar­res maisons sur trails avec un mix entre un apport hydrique sucré ou non et rien sur des dis­tances inférieures au marathon, juste de l’eau.

- Com­ment est-ce que tu équili­bres ton ali­men­ta­tion ? Est-ce que tu aimes cuisin­er ? Si oui, com­bi­en de temps par jour ou par semaine y pass­es-tu ?

J’adore cuisin­er depuis tou­jours. J’ai un pen­chant pour la cui­sine ori­en­tale et asi­a­tique. Mes plats ont des saveurs épicées ! Je con­somme essen­tielle­ment des fruits et légumes sous toutes les formes et sou­vent crus. Beau­coup de légu­mineuses, comme les azukis et les pois chich­es. Jamais de pâtes mais plutôt du quinoa, du riz com­plet ou du sar­rasin. Il est néces­saire d’avoir des céréales de qual­ité. J’y passe un cer­tain temps car presque tout est fait mai­son : petits-déje­uners, les laits végé­taux, graines ger­mées, bar­res pro­téinées, gâteau sport et les plats de tous les jours.

- D’après toi, est-ce que tes per­for­mances sportives sont liées à ton végé­tarisme ? Est-ce que tu fai­sais de meilleurs chronos avant d’être végane ?

Je ne suis pas une cham­pi­onne, je suis juste une coureuse de pelo­ton mais je me donne les moyens d’y arriv­er. Je ne sais pas s’il y a un lien direct entre le fait que je sois végé­tal­i­enne et mes qual­ités d’endurance. Par con­tre, ça m’aide cer­taine­ment à avoir une bonne hygiène de vie, à bien récupér­er. Et depuis que je suis végane, je n’ai plus de souci avec le dia­bète qui reste dans des taux élevés mais nor­maux. Autre amélio­ra­tion, en pas­sant de végé­tari­enne à végé­tal­i­enne, j’ai réglé mon prob­lème de ten­di­nite au pied, sûre­ment avec la sup­pres­sion totale du lac­tose. Côté chrono, je pense que c’est une ques­tion d’entraînement comme pour tout le monde. Au fil du temps, je m’améliore sans courir après !

- Est-ce que tu pra­tiques d’autres sports ?

La pra­tique de la course à pied occupe déjà beau­coup de mon emploi du temps. Quand je le peux, je fais aus­si du cyclisme, surtout quand je retourne en mon­tagne. En famille, nous faisons aus­si de l’escalade et de la cyclo-ran­don­née, nous avons déjà sil­lon­né la France et une par­tie de l’Europe sur nos bicy­clettes.

- Quels con­seils don­nerais-tu à des végé­tariens (végé­tal­iens) qui n’ont pas le courage de se lancer dans le sport de peur de man­quer d’énergie ?

Je leur dirais que si l’envie est là, il faut se lancer. Nous sommes aus­si forts que les autres et il ne faut pas hésiter à le mon­tr­er. Le truc de bien c’est de se dire qu’on peut le faire aus­si en étant végé­tal­ien. C’est plutôt ce mes­sage qui me plaît !

Pro­pos recueil­lis par Jean-Christophe Manuceau.

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