Suite de nos portraits de sportifs végétariens avec Delphine Denommé qui habite Nancy et nous raconte sa récente découverte du triathlon et son premier marathon de Paris !

Comment t’es venu l’idée de participer au marathon de Paris ?

J’ai gagné mon dossard dans un magazine ! Suite à une blessure l’été dernier en pratiquant l’athlétisme, j’avais dû m’arrêter pendant six mois. Avec mon dossard en poche, je n’avais pas le choix, il fallait s’y remettre à 100%.

Quelle préparation as-tu suivie ?

Une préparation sur douze semaines dans un club d’athlétisme. Je me suis préservée pour ne pas retomber dans les blessures, mais j’ai quand même réussi à faire trois sorties par semaine avec une alternance de séances de fractionné et de sorties longues.

Depuis quand est-ce que tu cours ?

Je cours depuis juillet 2012. J’ai fait des semi-marathons, des trails, je découvre petit à petit les différents formats de course.

Comment as-tu commencé ?

Il y a trois ans, à 35 ans, j’avais envie de bouger et de profiter de la dynamique d’un groupe dans un club. C’est un plaisir de courir avec d’autres personnes, et on peut bénéficier des conseils d’un entraîneur. J’ai rejoint un club de triathlon à l’automne, au moment où j’étais blessée, et j’y apprends la natation et le vélo.

Revenons au marathon de Paris du 12 avril. Quel temps faisait-il ce jour-là ?

Il faisait bon, même un peu trop chaud, mais tout allait bien sur le parcours, grâce aux ravitaillements et aux jets d’eau ! En débutante, j’ai trouvé le départ très impressionnant. Les coureurs étaient très courtois dans le sas, pas mal de débutants. J’ai même trouvé un petit banc, et j’ai pu attendre tranquillement le départ !

Tu as réussi à éviter l’erreur des débutants et partir lentement ?

J’ai pris un départ très lent sur la première demi-heure. La bêtise, je l’ai faite après. J’ai accéléré pour rattraper mon retard et c’était une erreur. Je me sentais bien et du coup, après le passage du premier semi, je me suis faite doubler par le meneur d’allure du 4h15. Ce n’était pas prévu car je voulais faire 4h20-25. Et ensuite, à partir du 25ème, j’étais moins bien. Et entre le 35ème et la fin, j’ai trottiné. Il y avait des coureurs qui vomissaient, qui tombaient. Je me suis forcée à continuer et j’ai réussi à me remettre dans un rythme plus régulier.

Et niveau alimentation ?

On m’avait conseillé de bien boire à chaque ravito, et j’avais mes pâtes de fruit que je mangeais avant chaque prise d’eau. Je n’ai pas improvisé, tout avait été testé sur mes sorties longues. Pendant les trois jours précédant la course, j’ai pris du Malto, chez Overstim, pour éviter les grosses plâtrées de riz ou de pâtes.

Au final, quel bilan tires-tu de ce premier marathon ?

J’ai terminé sur un temps de 4h43, avec une petite déception par rapport au temps prévu. Mais pour la prochaine fois, je mettrai plus l’accent sur la régularité et la vitesse de la course. En gros, ça va, je ne suis ni blessée, ni dégoûtée. J’en referais un quand l’envie sera là.

Depuis quand es-tu végétarienne ?

Depuis deux ans et demi.

Comment es-tu arrivée au végétarisme ?

Depuis petite, je n’étais pas très produits carnés. Mais socialement, il fallait rentrer dans le moule. J’ai toujours été sensible au traitement des animaux. A 36 ans, il y a eu un déclic. Mon mari est omnivore, mes deux enfants aussi. Il y a de la tolérance dans les deux sens. C’est lui qui cuisine, il adore ça. Il est devenu omnivore modéré. Il a découvert des plats du Moyen-Orient qui sont excellents, il y a de belles découvertes à faire de ce côté-là.

Et pour tes enfants ?

Ma fille de 11 ans manifeste un dégoût pour la viande. Mon garçon de 9 ans trouve ça bizarre de ne pas en manger, mais je ne veux pas tomber dans le sermon. Ils feront leur propre choix, à leur rythme. Le côté tolérance et différence dans la même famille est un bon exemple pour eux. Chacun peut être différent et cela n’empêche pas d’aller au restaurant ou chez des amis tous ensemble.

Dans ta pratique sportive, est-ce que tu as vu des différences depuis que tu es végétarienne ?

Je n’ai pas assez de recul car cela a commencé en même temps. Je suis débutante. Les deux sont liés. Je me suis mise au sport et passé au végétarisme, c’est un ensemble de choses qui me permettent d’être mieux au quotidien.

Quelles seront tes prochaines compétitions ?

La prochaine étape, ce seront des triathlons, car malgré ce que disent certains, le changement sportif et alimentaire, cela peut se faire à n’importe quel âge !

Propos recueillis par Jean-Christophe Manuceau.

A l’occasion de son premier marathon à Paris, Delphine Denommé a rencontré et interviewé le champion Scott Jurek, ultra-marathonien végane, pour la revue Alternatives végétariennes. Découvrez son interview dans le n°120, p.18–19.