Péril climatique : il est urgent de changer de modèle alimentaire !

Crédit: Samuel Fresquet.

Le dernier rapport du GIEC confirme et accentue la conclusion des précédents rapports : il est urgent d’agir de manière significative contre le dérèglement climatique. Même un réchauffement moyen de 1,5°C aurait des conséquences très graves, en particulier pour les populations les plus vulnérables de la planète. Le GIEC enjoint aujourd’hui nos décideurs de faire évoluer drastiquement nos modèles économique et agricole.

Souvent oublié, l’élevage est selon la FAO responsable de 14,5% des émissions d’origine humaine, ce qui est supérieur aux émissions directes des transports et constitue une part importante du problème. Si la croissance du secteur de la viande et des produits laitiers se poursuit au rythme actuellement prévu, le secteur pourrait absorber, en 2050, plus de 80% du « budget » annuel d’émissions de gaz à effet de serre compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5°C (soit 13 Gt d’équivalent CO2).[1]

Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage sont constituées en grande partie de méthane. Il s’agit d’un gaz au très fort potentiel de réchauffement, mais qui a une courte durée de vie dans l’atmosphère. Agir sur les émissions de méthane permet donc d’avoir un effet significatif et rapide sur le climat. En outre, en réduisant la production de viande et de sous-produits animaux, nous pouvons aussi libérer une part très importante des surfaces agricoles, qui peuvent alors être reforestées et donc converties en puits de carbone efficaces[2]. C’est aujourd’hui un moyen incontournable de lutter contre le dérèglement climatique.

Dans cette perspective, et afin d’envisager une politique climatique cohérente, qui soit à la hauteur des enjeux, l’Association végétarienne de France demande que soient fixés, à l’échelle nationale et internationale, des objectifs de réduction de la production et de la consommation animale. Pour cela, elle s’aligne sur la campagne internationale 50by40 qui établit un objectif de réduction de 50% de cette production d’ici à l’année 2040. À titre indicatif, l’association Solagro et le think tank Terra Nova ont également fixé un tel objectif à l’échéance 2050, dans la perspective de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture française.

Notes
[1] IATP, GRAIN, 2018, « Émissions impossibles : comment les grandes entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers réchauffent la planète ».
[2] Marco Springmann, 2016, “Plant-based diets could save millions of lives and dramatically cut greenhouse gas emissions”.

Contact presse :
Élodie Vieille Blanchard, présidente de l’AVF,
présidente@vegetarisme.fr, 06 32 43 86 40.