Dans un contexte de protocole sanitaire renforcé, la ville de Lyon a décidé, à compter de ce lundi, d’adopter provisoirement un menu unique le midi dans ses cantines, plutôt qu’un choix entre deux menus, afin de maintenir le service des cantines pour les 29 000 enfants de la ville.

Jusqu’ici, un choix était proposé entre un menu avec viande et un menu sans viande (mais avec poisson). Ces deux options étaient respectivement prises par environ 50% et 50% des usagers. Devant faire le choix entre ces deux menus afin d’assurer la continuité du service face à des contraintes de plus en plus fortes, la ville de Lyon a décidé de ne proposer que le menu sans viande, puisque celui-ci permet de continuer à servir un repas à tous les enfants, sans exclure 50% d’enfants ne consommant pas de viande.

Ce choix, déjà effectué en 2020 pendant le mandat de Gérard Collomb, respecte le choix des 50% d’usagers ayant opté pour le menu sans viande, tout en permettant à tous de bénéficier quotidiennement d’un repas équilibré, dans un contexte de protocole sanitaire tendu et de montée de la précarité. Il s’agit d’un choix inclusif et pragmatique.

Les réactions suscitées relèvent quant à elles au mieux de l’idéologie, au pire de la défense à peine masquée d’intérêts économiques encore trop puissants. Le discours du Ministre de l’intérieur, selon lequel ce menu causerait du tort aux classes populaires témoigne d’une méconnaissance profonde de la situation, puisque ce sont précisément les familles les plus pauvres qui consomment le plus de viande. En outre, la décision du Ministre de l’agriculture (et de l’alimentation !) de saisir le préfet en réaction à cette décision illustre la dichotomie profonde entre défense de l’intérêt général (du côté des élus locaux) et défense à contre-temps d’un modèle agroalimentaire productiviste (chez les représentants du gouvernement).

Ces représentants du gouvernement décident donc ici d’ignorer la réalité des faits : la moitié des usagers de la ville de Lyon ne mange pas de viande. Pour des raisons écologiques évidentes, le gouvernement pourrait s’en réjouir. Mais il préfère l’ignorer et diffuser les messages éculés des lobbys de la viande dont il défend les intérêts : les enfants ne mangeraient pas assez de viande et en auraient besoin pour avoir une alimentation équilibrée. Là encore, on s’éloigne de toute réalité scientifique et empirique, puisque non seulement la viande n’a rien d’indispensable pour composer un repas équilibré, mais elle est même surconsommée dans les cantines.

À l’heure de la crise sanitaire, écologique, sociale, l’AVF demande au gouvernement de réels actes en faveur d’une alimentation qui réponde aux enjeux actuels, et en particulier un soutien clair à l’introduction de menus végétariens dans les cantines, qui serait plus pertinent que l’offensive actuelle contre cette nécessaire végétalisation des assiettes.

 

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