La France doit assumer ses responsabilités vis-à-vis de la déforestation amazonienne. La réduction de la consommation de produits d’origine animale est une mesure efficace, voire incontournable.

Chaque année, durant l’hiver austral, des dizaines de milliers d’incendies ravagent l’Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde[1]. Le nombre de départs de feux en août dernier a battu le record de 2016[2] : trop nombreux et incontrôlables, ils dévastent une biodiversité inestimable et ont déjà libéré près de 230 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère, accélérant un peu plus le changement climatique. Ces feux sont déclenchés par les agriculteurs qui défrichent toujours plus d’espace pour produire du fourrage et développer l’élevage.

Ainsi, l’agriculture est à l’origine des ⅔ de la déforestation en Amérique du Sud, notamment à cause de la production de soja fourrager dont l’Europe est le deuxième importateur mondial[3]. Ce soja – quasi exclusivement transgénique – est massivement utilisé pour nourrir les animaux d’élevage en Europe. Pour la France, en 2017, le premier fournisseur de soja est de loin le Brésil, avec plus de 2 millions de tonnes par an (61 % du soja importé)[4]. Ce qui signifie que notre pays est directement responsable de ces insoutenables feux de forêt.

Pour que cette pression cesse, il est indispensable d’améliorer l’autonomie de l’agriculture française, compromise depuis le milieu du XXe siècle par des décisions commerciales internationales qui favorisent, en Europe, la production de céréales au détriment des cultures protéiques. Cependant, il semble illusoire d’envisager une agriculture auto-suffisante en fourrage sans une réduction drastique de la consommation de produits d’origine animale. En effet, les niveaux actuels de production carnée sont rendus possibles par la généralisation d’un élevage industriel grand importateur de fourrage à bas prix, et les surfaces agricoles disponibles en France seraient largement insuffisantes si nous voulions produire ces denrées sur notre territoire. C’est pourquoi l’AVF promeut une réduction de 40% de la consommation de produits d’origine animale d’ici 2030. L’association accompagne les individus, les entreprises et les pouvoirs publics dans le sens de cet objectif indispensable à la résolution de la crise écologique actuelle, mais aussi porteur d’éthique animale et favorable à la santé humaine.

Le Président Macron a déclaré que ces incendies constituaient une crise internationale susceptible de conséquences, mais il n’engage aucun changement majeur et responsable dans la politique intérieure française sur la végétalisation de nos régimes alimentaires, y compris dans la restauration collective qui peine à se remettre en question. Dans la crise politique déclenchée avec le Brésil, la France serait bien plus crédible si elle engageait des actions fortes et concrètes pour réduire sa propre contribution à la déforestation amazonienne.

L’AVF réclame la fixation d’objectifs nationaux de réduction des productions animales (40% d’ici à 2030, 80% d’ici à 2050) et la mise en place de mesures ambitieuses pour y parvenir, reposant sur la fiscalité, les politiques agricoles, économiques et de santé, ainsi que le déploiement d’un vaste plan de végétalisation de la restauration collective publique.

 

Contact presse : Élodie Vieille Blanchard, Présidente de l’AVF : 06 32 43 86 40 — email
Références
[1]  Institut national de recherche spatiale (Inpe), http://queimadas.dgi.inpe.br/queimadas/portal/situacao-atual
[2]  Global Fire Data, https://www.globalfiredata.org/forecast.html#amazonas
[3]  Greenpeace, https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2019/06/hooked_on_meat_FR_web.pdf
[4]  Comtrade, https://comtrade.un.org
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