Paris, 27 mai 2021

Le Conseil Européen, la Commission Européenne et les États membres ont rejeté l’amendement 171, un règlement considéré comme une attaque contre le développement durable par des ONG internationales, dont ProVeg International, Greenpeace, WWF, ou encore l’Association Végétarienne de France, ainsi que par plus de 456 000 consommateurs et des entreprises végétales telles que Upfield, Oatly, Nestlé et Alpro.

Cette victoire de bon sens, le jour de l’annonce de la nouvelle loi européenne sur le climat, reflète le consensus scientifique, qui a été publiquement approuvé par le GIEC, la FAO, l’OMS et la Commission EAT-Lancet, dont les recommandations sont unanimes quant à l’urgence d’une évolution vers une alimentation végétale.

Comme l’a tweeté de manière ironique Greta Thunberg, “Nous sommes dans une situation d’urgence climatique et écologique. Que devons-nous faire ? Je sais ! Interdisons aux produits d’origine végétale d’afficher leurs informations sur les allergènes, d’utiliser des briques en carton, ou d’utiliser des images de leurs propres produits, ou encore d’expliquer l’impact écologique des aliments au consommateur. Ça va tout régler.

Désastreux pour la mise en place d’une alimentation saine et durable en Europe, l’amendement 171 – un projet de législation visant à imposer de nouvelles restrictions aux alternatives végétales aux produits laitiers, proposé en 2018 par la commission AGRI du Parlement Européen — a finalement atteint les trilogues le 21 avril.

Le Parlement Européen, la Commission et le Conseil des Ministres ont entamé les négociations du trilogue, qui portent sur l’Organisation Commune des Marchés des produits agricoles (OCM), le 21 avril. Les négociations liées à la PAC et à l’OCM ont débuté en novembre 2020, l’amendement 171 ayant été annoncé seulement le lendemain d’un engagement public à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 57 % d’ici 2030.

Cet amendement n’a pas été soumis au processus normal d’examen public par le biais d’une étude d’impact ou encore d’une consultation ouverte, ce qui a suscité des protestations de la part des consommateurs et du secteur concerné — alors même que ce règlement ne concernait que ce secteur de l’alimentation végétale.

Le Green Deal européen et sa feuille de route pour une alimentation durable, la stratégie “De la ferme à l’assiette”, représentent les priorités progressistes de l’Europe en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Cependant, l’amendement 171 allait à l’encontre de ces objectifs de développement durable, permettant aux industries de la viande et des produits laitiers d’exercer un lobbying irresponsable sur le plan environnemental.

Il existe un large consensus parmi les autorités chargées de l’alimentation, de la nutrition et les organisations internationales pour dire que, pour des raisons de santé comme pour la préservation de l’environnement, notre régime alimentaire devrait comprendre de plus en plus de produits d’origine végétale et de moins en moins de produits d’origine animale.” CECU — Confédération des consommateurs et des utilisateurs

Cet amendement a été largement condamné par de nombreux parties prenantes, notamment :

- 456 000 consommateurs via une pétition publique menée par ProVeg, Upfield et Oatly, soutenue par 96 autres organisations.

- 21 ONG, dont le WWF et Greenpeace, dans une lettre ouverte.

- Des représentants de l’industrie laitière, dont le PDG de Berglandmilch, la plus grande coopérative laitière autrichienne — avec plus de 11 000 membres — dans une déclaration aux médias.

- La CECU (Confédération des consommateurs et des usagers)

- Une lettre signée par 34 membres du Parlement européen

- Le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC), qui a écrit aux députés européens pour faire campagne contre l’amendement l’année dernière, car il ne voyait aucune justification à l’introduction d’une telle législation.

- Un groupe intersectoriel de 94 entreprises alimentaires et ONG, dans une lettre publique.

- La militante écologiste Greta Thunberg, qui s’est également prononcée contre l’amendement.

- Le Dr Melanie Joy, dont la vidéo demande à la Commission européenne et aux États membres de rejeter l’amendement l’amendement 171 et de mettre fin à la censure sur les alternatives végétales.

Aujourd’hui, l’Union Européenne a refusé de cautionner une politique anticoncurrentielle et irresponsable sur le plan environnemental, qui introduirait une série de nouvelles restrictions sur les produits d’origine végétale (qui constituent déjà la catégorie d’aliments la plus réglementée de l’UE).

“En tant que membre fondateur de l’Alliance Européenne pour les Aliments d’origine Végétale, la mise en oeuvre des politiques progressistes de l’UE et la lutte contre la législation anticoncurrentielle ont toujours figuré en tête de nos priorités. La décision d’aujourd’hui de rejeter l’amendement 171 est une victoire pour l’industrie végétale et pour toutes les personnes qui ont signé la pétition pour montrer leur soutien”, a déclaré le Dr Jeanette Fielding, Directrice des affaires générales et de la communication, Upfield. “Mais ce n’est pas terminé. La justice pour les consommateurs et pour notre planète ne sera atteinte que lorsque les aliments d’origine végétale bénéficieront d’un traitement équitable avec les aliments d’origine animale, en vertu de la loi.”

L’amendement 171 impliquait l’interdiction :

- Des formats d’emballage familiers tels qu’une brique en carton pour le lait végétal ou un bloc pour la margarine végétale.

- Les représentations visuelles des aliments d’origine végétale jugées comme “trop proches” des produits laitiers : par exemple, l’image d’un tourbillon laiteux sur un emballage de boisson à l’avoine.

- Les allégations scientifiques qui comparent les aliments d’origine végétale aux produits laitiers, par exemple “70% d’émissions carbone en moins qu’un beurre laitier”, dans toutes les communications, y compris les médias numériques et sociaux.

- Des informations essentielles sur les allergènes, comme “ne contient pas de lait”.

- Des termes descriptifs utiles tels que “crémeux” ou encore “à utiliser comme une crème de cuisson”, ou “alternative végétale au yaourt”.

« Après des mois de mobilisation d’associations et d’entreprises engagées, le Parlement européen a enfin eu le discernement d’écarter cet amendement insensé. C’est une belle victoire pour le climat, la santé et les animaux. La lutte contre le dérèglement climatique est déjà difficile à mettre en oeuvre, c’est donc du bon sens de ne pas créer de nouveaux obstacles législatifs au changement de nos modes de vie, affirme Sarah Champagne, responsable du pôle Végépolitique de l’Association végétarienne de France. A l’heure de l’urgence écologique et de la multiplication des zoonoses (dont la Covid-19 fait partie), l’UE devrait aller encore plus loin pour accélérer la transition agroalimentaire, notamment en soutenant la végétalisation de l’alimentation et de l’agriculture car c’est un levier essentiel pour renforcer notre résilience. »

L’UE a tranché. La crise climatique est une priorité absolue et elle ne cautionnera pas de politique anticoncurrentielle et irresponsable sur le plan environnemental, introduisant une série de nouvelles restrictions aux alternatives végétales (déjà la catégorie d’aliments la plus restreinte dans l’UE). L’amendement 171 aurait créé de dangereuses conséquences en chaîne… l’Europe a donc envoyé un message clair au reste du monde, en préférant lutter contre le réchauffement climatique plutôt que de céder à la pression des lobbies laitiers.

 

Contact presse :

Sarah Champagne, responsable du pôle Végépolitique de l’AVF

sarah.champagne@vegetarisme.fr

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