Echos d’Eco-Bistrot
Connaissez-vous les Éco-Bistrots ? Eh non, ce ne sont PAS des endroits où l’on peut se souler de façon économique… ce sont des rencontres informelles organisées par les Verts dans un bistrot parisien. Faut pas être déçu(e)s, enfin ! Il s’y passe des choses intéressantes, et on peut même y boire un coup. La suite…
Pour vous prouver qu’il s’y passe des choses intéressantes, sachez donc que l’Éco-Bistrot du 11 janvier 2010 avait choisi pour thème : « Homme / animaux – Devoirs des uns, droits des autres ? – La condition animale en questions ». Il devait y avoir Florence Burgat, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer [ci-après JBJV] et Fabrice Nicolino ; malheureusement, ce dernier n’a pas pu venir.
L’AVF était représentée en la personne de notre compère Jacques Bain, grand « compte-rendeur » devant l’Eternel, à qui je passe donc la parole :
Jacques parle (chut !) : La salle – une soixantaine de personnes – était comble, les derniers étant debout, et je pense qu’on a refusé du monde. La réunion s’est tenue dans la joie et la bonne humeur.
Florence Burgat a pris la parole en premier. Elle a exposé les conditions de l’élevage industriel, et la faible part que le grand public en sait ou veut en savoir.
Ensuite JBJV – toujours aussi brillant pédagogue – a pris la parole en exposant brièvement les bases de la philosophie morale, et comment celle-ci peut s’appliquer aux problèmes de l’éthique animale.
On peut distinguer 2 approches, 2 grands courants de pensée :
- L’approche déontologique (sur le mode de « l’impératif catégorique » de Kant) qui peut se traduire par exemple par cette règle toute simple : refus de l’exploitation animale. C’est l’approche de Tom Regan et surtout de Gary Francione. D’après JBJV c’est aussi celle de Florence Burgat, dans une version modérée (sourire amusé de l’intéressée, qui ne nie pas…)
- L’approche « welfariste » qui fait partie des morales conséquentialistes (on s’intéresse essentiellement aux conséquences des actes). C’est l’approche de Peter Singer – dans laquelle JBJV se reconnaît assez bien.
Tous ces philosophes se déclarent (évidemment) antispécistes : ils « refusent de faire de l’appartenance à une espèce un critère discriminant de considération morale ».
Ces approches différentes, nous dit JBJV, conduisent à des stratégies différentes (et quelques regrettables querelles intestines) en vue d’atteindre le principal objectif : diminuer la consommation de viande, laquelle est l’une des principales causes de souffrance animale.
JBJV propose pour sa part, plutôt que s’attaquer frontalement à la consommation de viande, de s’attaquer en premier lieu à certaines exploitations annexes, mais très symboliques : corridas, cirques, zoos, « oeuvres d’art », foie gras…
Tant qu’existera la corrida, fait-il remarquer, tant qu’on pourra revendiquer le plaisir de torturer et de tuer, les revendications dans les autres domaines risquent de paraître bien vaines et assez dérisoires.
Le projet « grands singes » (accorder des droits moraux aux grands singes) lui parait aussi intéressant dans la mesure où il ferait reculer la frontière symbolique « homme/animal », en espérant qu’elle recule encore davantage par la suite…
Puis vint l’heure des questions, une bonne quinzaine, souvent assez pointues, sur la question animale essentiellement, très peu sur l’écologie ou sur les relations entre ces deux domaines.
De l’aveu même de l’organisateur (un élu vert de la capitale) c’était la première fois qu’au cours de ces réunions écolo (qui ont lieu 1 ou 2 fois par mois) il recevait autant de monde. (À l’évidence, les militants de la cause animale – plus motivés – devaient se trouver en majorité).
L’organisateur a concédé que les Verts étaient dans l’ensemble assez peu sensibilisés à la cause animale : certes, ils se sont mobilisés (avec succès) il y a quelques années pour éviter qu’une corrida (sans mise à mort) n’ait lieu en région parisienne, mais l’idée d’interdire les cirques avec animaux (ce qui se fait dans d’autres pays) a été un bide total au sein du parti….
Vous retrouverez facilement la référence des livres des orateurs sur Internet. Permettez-moi de vous recommander tout particulièrement L’éthique animale de JBJV si vous ne l’avez pas encore lu. Vous pouvez également écouter JBJV (ou lire ses articles) en allant sur son site qui se trouve ici.
Voilà , merci de m’avoir lu ! En cadeau, l’affiche de l’Éco-Bistrot du 11 janvier ICI.









