Orelsan n’est pas « non plus » végétarien
A moins d’avoir vécu dans une grotte ces huit derniers mois, vous n’avez pas pu passer à côté de « l’affaire Orelsan ». Bon allez, pour nos amies les chauves-souris : Orelsan est un jeune rappeur français, auteur de textes violemment machistes, homophobes et pédo-criminels : « J’vais t’mettre en cloque et t’avorter à l’Opinel », « Petite, essaie pas de me fréquenter ou tu vas perdre ton pucelage avant d’avoir perdu tes dents de lait », « Mais ferme ta gueule ou tu vas t’faire marie-trintigner » et j’en passe.
Quel rapport avec le végétarisme, me direz-vous ? J’y viens. Car cette affaire donne l’occasion de vérifier une fois de plus que la pensée selon laquelle les animaux ne sont bons qu’à nous nourrir, nous servir, nous vêtir et nous divertir est de même nature que celle qui autorise certains à s’en prendre, au sein de notre propre espèce, aux femmes, aux minorités sexuelles et aux enfants. En guise d’illustration, cet extrait particulièrement caractéristique de « Sale pute », d’Orelsan (NB : pour ceux qui débarquent, attention au choc) :
On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée
On verra comment tu suces quand j’te déboîterai la mâchoire
T’es juste une truie, tu mérites ta place à l’abattoir.
Faisons les comptes. « Sale Arabe » (vous vous souvenez, l’affaire Orange…), « sale juif » ou « sale nègre », ça, tout le monde a à peu près compris, c’est du racisme et de l’antisémitisme et c’est puni par la loi. Bon. Et « sale pute », alors ? Eh bien pour beaucoup trop de gens (hommes et femmes) encore, c’est de la liberté d’expression, de la maladresse ou de la bêtise, mais en tout cas ce n’est pas si grave que ça (allez, quoi, un peu de tolérance et d’humour !). Rappelez-vous d’ailleurs de la réaction de « notre » ministre de la culture, Frédéric Mitterand, comparant Orelsan à Arthur Rimbaud (NB : et vous avez remarqué, il en a sorti d’autres depuis…). La question étant : comment espérer une prise en considération des violences infligées aux animaux si on en est seulement là en ce qui concerne la prise en considération des violences infligées aux membres de notre propre espèce (les femmes, les minorités sexuelles et les enfants) ? On a déjà bien du mal à refuser la banalisation « culturelle » des violences faites aux femmes, aux gays et aux enfants, alors c’est pas demain qu’on empêchera les truies d’aller à l’abattoir…
Euh… à part ça, si vous ne savez pas quoi mettre dans votre mp3, laissez tomber Orelsan et écoutez Francis Lalanne, parrain des JMV 2009 qui s’achèvent en beauté.









