Un article issu du blog The Vegan Strategist de Tobias Leenaert (18 avril 2016), traduit de l’anglais par Sandrine Pantel.

 

 

Samedi dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence de l’entrepreneur-agriculteur néerlandais Jaap Korteweg, fondateur du Boucher végétarien (Vegetarische Slager) aux Pays-Bas. Ce qui avait débuté comme une boutique, certes petite mais jouissant d’une très bonne image de marque, compte désormais, avec des centaines de points de distribution répartis aux Pays-Bas et, bientôt, une véritable usine de fabrication, parmi les principales gammes de produits végétariens/végétaliens du pays. Les produits du Boucher végétarien ont reçu de nombreux prix et l’histoire de cette entreprise a attiré l’attention des médias du monde entier.

Dutch scientist Mark Post displays samples of in-vitro meat, or cultured meat grown in a laboratory, at the University of Maastricht November 9, 2011. REUTERS/Francois Lenoir

Mark Post présente des échantillons de viande in vitro ou de la viande cultivée en laboratoire à l’Université de Maastricht – 9 novembre 2011. REUTERS/François Lenoir

Un autre participant à la conférence était Mark Post, le pionnier de la viande créée in vitro, lui aussi néerlandais. Post est le chercheur qui, il y a trois ans, avait présenté le premier burger de viande créé en laboratoire devant les médias à Londres, l’une des plus grandes révélations concernant la viande et ses problèmes dans l’histoire de ce mouvement.

Toutefois, ni Korteweg ni Post ne sont véganes. Et leurs investisseurs non plus. Willem Van Eelen, l’instigateur et donateur initial des recherches de Mark Post et récemment disparu, n’était même pas végétarien. Et à ma connaissance, ce n’est pas le cas non plus de Sergey Brinn de chez Google, pourtant donateur de 700 000 $ à Mark Post.

Quelques-uns des plus grands promoteurs de la révolution végane, des personnes très influentes (ou potentiellement influentes à l’avenir) ne sont pas des véganes ou ne défendent pas forcément les droits des animaux. Il est bien de s’en rendre compte, ce pour plusieurs raisons.

D’une part, cela nous apprend, à nous les véganes, à rester modestes. Nous avons tendance à croire que lorsque notre planète deviendra enfin un monde meilleur pour les animaux, ce sera grâce à nos efforts et à nos valeurs éthiques. Ceci n’est qu’une partie de la vérité.

D’autre part, cela peut nous aider à prendre conscience du caractère relatif de certaines de nos différences d’opinions, d’idéologies, de philosophies et de théories sur des choses qui s’avèrent être souvent des détails lorsque considérées d’un point de vue plus global.

Mais surtout (et cela devrait être évident mais cela ne l’est manifestement pas), cela devrait nous permettre de réaliser que toute personne, végane ou non, devrait être la bienvenue au sein de ce mouvement.

Les enjeux sont bien trop conséquents pour être défendus uniquement par les véganes.


A lire également, un autre article de Tobias Leenaert, traduit de l’anglais :

« Qu’ils mangent donc de la viande in vitro! Interview de Cor Van Der Weele, chercheuse et professeure aux Pays-Bas ».