L’Allemagne vient d’adopter la première définition juridiquement contraignante des termes « végane » et « végétarien » : cela empêchera désormais les fabricants alimentaires d’utiliser ces termes pour des produits fabriqués à partir de produits d’origine animale.

C’est une décision qui protège les citoyens végétariens et véganes. La définition a été approuvée à l’unanimité par les ministres de la protection des consommateurs des états (Länder) allemands. La VEBU, association végétarienne allemande, partenaire de l’AVF, a longtemps plaidé pour une telle décision, et a activement participé à la rédaction de la définition.

Selon la définition proposée, des jus de fruits clarifiés à l’aide de gélatine, ou du pain fait avec de la farine traitée avec de la cystéine1 d’origine animale, ne peuvent être considérés végétariens – ces produits ne pourraient pas non plus être labellisés végétariens avec le Label V européen de l’Union végétarienne européenne (UVE), qui existe depuis 1996. Selon l’UVE, le manque d’une définition claire et juridiquement contraignante a pu par le passé être à l’origine d’une certaine méfiance vis-à-vis des aliments transformés. Le Label V – utilisé par plus de 800 entreprises à travers l’Europe, et attribué en France par l’Association végétarienne de France – contribue depuis de nombreuses années à diminuer cette méfiance, mais une définition juridiquement nécessaire se fait de plus en plus nécessaire. En Allemagne, les végétariens représentent environ 10% de la population – soit près de huit millions de personnes, parmi lesquelles environ 900 000 sont véganes. En Angleterre, au cours des dix dernières années, le nombre de véganes a augmenté de 360% (selon un sondage Ipsos Mori de mai 2016 commandité par la Vegan Society). En France, environ 3% de la population est végétarienne – soit près de 2 millions de personnes – et 10% envisage de le devenir (selon un sondage opinionway pour TerraEco de janvier 2016). En Allemagne, les ventes d’alternatives végétariennes ont augmenté de 633% ces 5 dernières années.

Les définitions

Un produit alimentaire dit végane2 n’est pas d’origine animale. Par ailleurs, aucune étape de sa production et/ou transformation ne fait intervenir de produits d’origine animale, sous une forme brute ou transformée, qu’il s’agisse :
• D’ingrédients (y compris additifs, vecteurs, arômes et enzymes) ;
• D’auxiliaires technologiques ;
• De substances qui ne sont pas des additifs alimentaires mais qui sont utilisées d’une manière et dans un but analogues à ceux des auxiliaires technologiques.

Un produit alimentaire dit végétarien répond aux exigences en vigueur pour les produits véganes, à la différence près que les produits suivants peuvent être ajoutés ou utilisés :
• Le lait ;
• Le colostrum ;
• Les œufs ;
• Le miel ;
• La cire d’abeille ;
• La propolis ;
• La graisse de suint (de laine de mouton ; y compris la lanoline dérivée de la laine de moutons vivants ou leurs dérivés).

Ces définitions envoient un signal fort et clair pour que la Commission européenne légifère elle aussi sur le sujet. En 2011, le Parlement Européen et le Conseil ont adopté un règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. A cette occasion, ils ont sollicité la Commission pour qu’une définition claire soit établie au sujet des aliments pouvant convenir aux végétariens ou véganes. En 2016, la Commission n’a toujours pas rédigé cette définition. Tous les partis du parlement Allemand (Bundestag) ont exprimé leur soutien à une adoption rapide de définitions juridiquement contraignantes par la Commission.

Notes

1. La cystéine est un acide aminé non essentiel issu de plumes et de poils d’animaux, ou produit industriellement à partir de bactéries Escherichia coli. La cystéine est présente dans une grande variété d’aliments, en particulier les céréales.
2. Ces deux définitions correspondent quasiment aux critères d’attribution du Label V. Ces derniers sont toutefois plus précis : par exemple, pour l’attribution du Label V, les conditions de culture des ingrédients des produits ne sont pas prises en compte, l’agriculture végane (n’utilisant notamment pas de fumier, ni de « bouse de corne », comme dans l’agriculture biodynamique) étant encore très marginale en France.

Traduit et adapté par Sabrina Gonçalves Kresbsbach à partir d’un article par Niamh Michall, paru le 1er juin 2016 sur le site FoodandDrinkEurope.com.

En attendant que l’Union européenne et/ou la France s’inspirent de cette initiative allemande, l’Association végétarienne de France est déterminée à impulser le développement du Label V sur le territoire Français. Plus d’informations sur le Label V sont disponibles ici. Si vous êtes un producteur et que vous souhaitez obtenir un devis pour la labellisation de vos produits, nous vous invitons à remplir ce formulaire. Nous sommes à votre disposition pour toute question à l’adresse label@vegetarisme.fr.